L’organisation a vu le jour le 17 février 1946 à Berne. Parmi ses succès : l’expansion de la langue des signes et l’augmentation des sous-titrages à la télévision
La Fédération suisse des sourds fête ses 75 ans ce mercredi. Elle a été fondée à Berne le 17 février 1946. Elle est née de la volonté des personnes sourdes de pouvoir parler en leur nom propre et de faire valoir leurs revendications, sans dépendre de la bienveillance d’associations gérées essentiellement par des entendants indique un communiqué de la Fédération. En plus de sept décennies, l’organisation compte plusieurs succès. Parmi eux : l’expansion de la langue des signes et l’augmentation des sous-titrages à la télévision.
Entretien avec Sandrine Burger, porte-parole de la Fédération suisse des sourds
Transcription de l'entretien :
Sandrine Burger : Le plus grand succès c’est que la langue des signes soit plus répandue parce qu’il faut savoir qu’il y a 75 ans, elle était encore interdite en Suisse, comme dans toute l’Europe et ça été le premier pas : que les sourds puissent de nouveau utiliser officiellement la langue des signes à l'école, entre eux. Il y a eu ensuite l’établissement de cours de langue des signes. Il y a eu la mise à disposition des interprètes. Je parlerais encore du sous-titrage à la télévision. Cette année, 75% des émissions à la télévision suisse sont sous-titrés et de plus en plus d’émissions sont aussi en langue des signes.
RFJ : Pourquoi les sourds et les malentendants ne pouvaient plus signer ?
Sandrine Burger - En 1880, à Milan, il y a eu un congrès où des médecins et des scientifiques essentiellement entendants ont décrété l’interdiction de la langue des signes, car elle rendrait les sourds bêtes et les empêcherait d'apprendre à parler correctement. Pendant près de 100 ans, pas aux Etats-Unis mais dans toute l’Europe, la langue des signes a été interdite. Les enfants dans les écoles se faisaient parfois attacher les mains dans le dos pour les forcer à parler. Ils ont continué entre eux à signer car c’est leur langue naturelle mais officiellement ça restait interdit.
RFJ : On a parlé des plus gros succès, qu’est-ce qui doit encore être améliorer pour la vie de tous les jours des personnes sourdes ou malentendantes ?
Sandrine Burger : Il y a un encore un gros travail à faire effectivement, notamment dans le domaine de la santé. Les sourds ont encore un problème à avoir un bon accès à la santé. Quand ils vont voir les médecins, quand ils vont aux hôpitaux, le personnel souvent ne sait pas comment faire avec des personnes sourdes et ne fait pas toujours appel à des interprètes. Dans la formation aussi, il y a beaucoup à faire. Beaucoup de sourds ont un niveau d’étude qui va jusqu’à l’école obligatoire. Il y a très peu de sourds qui font des études supérieures, là il y a encore énormément de travail à faire aussi.
A noter que la pandémie de coronavirus a compliqué le quotidien des sourds et des malentendants. Notamment depuis l’obligation du port du masque : la plupart d’entre eux lisant sur les lèvres. /sbo
![La Fédération suisse des sourds fête ses 75 ans en ce 17 février. (Photo : By David Fulmer from Pittsburgh (Natural American Sign Language) [CC BY 2.0 (https://creativecommons.org/licenses/by/2.0)], via Wikimedia Commons)](https://bnj.blob.core.windows.net/assets/Htdocs/Images/IF_Content_813/528502.jpg?puid=ab61cec4-97e7-4fec-b870-c1905e02874c)








