L’accord de libre-échange avec l’Indonésie divise dans le Jura

Un comité appelle la population à rejeter le texte soumis aux urnes le 7 mars. La Chambre de ...
L’accord de libre-échange avec l’Indonésie divise dans le Jura

Un comité composé de plusieurs partis appelle la population à rejeter le texte soumis aux urnes le 7 mars. La Chambre de commerce et d’industrie du Jura estime que l’accord est une perspective non négligeable pour l’économie régionale

La production d'huile de palme se retrouve au cœur des débats en lien avec l'accord de libre-échange avec l'Indonésie. (Photo : KEYSTONE/EPA/DEDI SINUHAJI) La production d'huile de palme se retrouve au cœur des débats en lien avec l'accord de libre-échange avec l'Indonésie. (Photo : KEYSTONE/EPA/DEDI SINUHAJI)

L’économie jurassienne peut-elle profiter de l’accord de libre-échange avec l’Indonésie ? Plusieurs partis de la région en doutent. Le comité « stop huile de palme » composé du PS, des Verts, du CS-POP et du PEV milite en tout cas contre le texte soumis aux Suisses le 7 mars. Ses membres ont présenté leurs arguments vendredi à la presse. Ils estiment notamment que l’accord n’offre pas assez de garanties de durabilité, malgré la présence d’une clause sur la question. Le comité pointe du doigt l’absence de protocoles de contrôle.

Les opposants sont également d’avis que l’accord ne tient pas suffisamment compte des conditions de production de l’huile de palme, un des produits concernés par le texte. « Il y a déjà une déforestation importante de la forêt tropicale et un déséquilibre au niveau des conditions de travail et environnementales par rapport à notre propre situation en Suisse », souligne la conseillère aux Etats socialiste, Elisabeth Baume-Schneider. Selon le comité, l’huile de palme peut constituer une concurrence pour la culture et la transformation des oléagineux produits dans nos régions.

D’un point de vue général, il s’agit aussi d’un « soutien à l’agriculture locale, à une manière de vivre que l’on souhaite favoriser plutôt que de systématiquement ouvrir des accords de libre-échange avec des pays du sud », précise la sénatrice jurassienne.

Elisabeth Baume-Schneider : « C’est vraiment une question de choix de société »

De gauche à droite : Elisabeth Baume-Schneider (PS), Jean Parrat (CS-POP), Pauline Godat (Les Verts) et Philippe Siraut (PEV).   De gauche à droite : Elisabeth Baume-Schneider (PS), Jean Parrat (CS-POP), Pauline Godat (Les Verts) et Philippe Siraut (PEV).  

Des perspectives pour l’économie jurassienne

La Chambre de commerce et d’industrie du Jura soutient, elle, l’accord de libre-échange avec l’Indonésie. Son directeur estime qu’il serait bénéfique à l’économie jurassienne, sachant que notre canton est l’un de celui en Suisse qui exporte le plus de marchandises à l’étranger. Selon Pierre-Alain Berret, plusieurs PME jurassiennes sont prêtes à prospecter le marché indonésien. « Cet accord leur permettrait de développer leurs affaires, de maintenir des emplois et un savoir-faire ici. En période de crise, il est important d’offrir ce genre de perspectives à nos entreprises », souligne le responsable.

Selon Pierre-Alain Berret, l’argument de l’huile de palme est un prétexte pour s’opposer au texte plutôt qu’une raison objective. « La Suisse importe très peu d’huile de palme d’Indonésie. Pratiquement pas. On ne va pas pénaliser les agriculteurs locaux avec ces importations. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’Union suisse des paysans est publiquement favorable à cet accord », indique le directeur de la CCIJ. /alr

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