Une vie sur « pause »

Certains malades du coronavirus souffrent pendant des mois de ce qui s’appelle « Covid long ...
Une vie sur « pause »

Certains malades du coronavirus souffrent pendant des mois de ce qui s’appelle « Covid long ». C’est le cas de Stéphanie Henggi de Tramelan dont les facultés de concentration restent altérées par le virus. Témoignage

Stéphanie Henggi, 34 ans, souffre de la forme longue du Covid-19 depuis le mois de décembre. Stéphanie Henggi, 34 ans, souffre de la forme longue du Covid-19 depuis le mois de décembre.

Une grande incertitude s’emparait de la Suisse il y a pile un an. Le Conseil fédéral annonçait le 13 mars 2020 les premières fermetures liées au coronavirus avant de décréter un semi-confinement du pays trois jours plus tard. Le coronavirus continue, une année après, à faire des ravages en Suisse et dans le monde. Certains malades souffrent pendant des mois, de ce que les spécialistes appellent le Covid long. C’est le cas de Stéphanie Henggi, une Tramelote de 34 ans. Lorsqu’elle répond au micro, Stéphanie Henggi doit fermer les yeux. Chez elle, le Covid-19 se manifeste par des essoufflements, des maux de tête, mais surtout, elle ne parvient plus à se concentrer et ne supporte plus les stimulations multiples. De plus, il s’agit de ce qu’on appelle un « Covid long », une forme du virus dont les symptômes persistent plusieurs mois.


Concentration brouillée

« J’ai eu le sentiment que mon cerveau a cessé de fonctionner », explique Stéphanie Henggi. Elle a été testée positive juste avant les fêtes de fin d’année. Pas de grosse inquiétude pour cette enseignante spécialisée de 34 ans : elle ne fait pas partie des personnes à risques et ne présente pas de problèmes de santé particuliers. Les premiers jours de la maladie, elle les vit comme une mauvaise grippe. Mais au bout de deux semaines, le coronavirus affecte fortement ses facultés de concentration et de réflexion. « Je ne peux plus regarder la télévision, écouter de la musique, lire c'est très pénible, aller dans un magasin est devenu extrêmement difficile, parce qu'il y a trop de stimulations », raconte Stéphanie Henggi. 

Vie à l’arrêt

La Tramelote ne peut plus s’occuper d’Alexandre, son fils de 6 ans. Il vit pour l’instant chez son père, de qui elle est séparée. Un choix particulièrement douloureux pour Stéphanie Henggi : « Ne plus pouvoir faire les choses qu’on faisait avec mon fils, comme du patin à glace ou du vélo, c’est plus difficile que les maux de tête ou l’essoufflement ». Et elle ne voit que très peu de signes d’amélioration de sa maladie. Heureusement, Stéphanie Henggi peut compter sur ses proches. Elle estime aussi être très bien prise en charge par le corps médical, notamment la neurologue du Centre Hospitalier Bienne qui la suit.


Un quart des malades

Sur tous les malades du coronavirus, ils seraient 26% à avoir contracté le « Covid long », selon une étude récente de l’université de Zurich. Il est aujourd’hui difficile de savoir pourquoi certaines personnes sont plus touchées que d’autres. « J’essaie de rester optimiste, j’imagine que cet été, tout ça sera en grande partie derrière moi », confie Stéphanie Henggi, mais elle a du mal à avoir de réelles perspectives d’avenir. À part peut-être celle-ci : « Si je vais mieux, cet été, on part une nuit à l’hôtel à Montreux avec mon fils, pour fêter ça ! » /cbe


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