« L’alcool n’est pas une excuse »

Deuxième jour du procès d'un jeune ressortissant africain à Moutier. Le prévenu comparaît entre ...
« L’alcool n’est pas une excuse »

Deuxième jour du procès d'un jeune ressortissant africain à Moutier. Le prévenu comparaît entre autres pour de multiples actes de violence. Les plaidoiries ont accouché de deux lectures totalement opposées

Le prévenu connaîtra son sort le 1er avril. Il risque la prison puis l'expulsion du territoire suisse. (Photo : archives) Le prévenu connaîtra son sort le 1er avril. Il risque la prison puis l'expulsion du territoire suisse. (Photo : archives)

De 54 mois de prison et 10 ans d’expulsion du territoire suisse… à 8 mois de prison et l’acquittement pour certaines infractions. Ministère public et avocat de la défense ont plaidé l’extrême opposé mercredi matin à Moutier au deuxième jour du procès d’un ressortissant africain. On le rappelle, on reproche au jeune homme de multiples actes de violence, notamment envers sa petite amie.


« Les mises en garde n’ont rien changé »

C’est le procureur qui a lancé les hostilités en ouverture de l’audience. Face à lui, le prévenu, chevilles et poings liés, qui a tenté de répliqué par moment, mais vite remis à l’ordre par le tribunal. C’est que le réquisitoire du Ministère public a été tranchant. Selon le procureur Raphaël Arn, l’alcool n’explique pas la violence du prévenu. Il peut certes l’amplifier, mais en toile de fond, les experts décèlent un véritable problème comportemental. L’homme a cogné sa petite amie, plusieurs fois, parfois avec force. Un déferlement de coups souvent provoqué par la jalousie ou la frustration. Elle lui a pardonné, elle pense encore une fois qu’il va changer, elle a même retiré sa plainte. Mais le procureur n’en croit pas un mot. Pour Raphaël Arn, certains faits sont graves et se poursuivent d’office. Il constate que le prévenu a eu ses chances, il a été condamné à plusieurs reprises, il a été mis en garde, mais rien n’a changé. La prison est le seul chemin, tout comme l’expulsion du territoire suisse ceci afin «  d’éviter qu’il ne tue quelqu’un  ».


« Ne le détruisez pas »

La défense oppose une lecture diamétralement opposée. Maître Jean-Patrick Gigandet a répété que son client avait compris la leçon après une année de détention. Il veut retrouver son amour, se marier, fonder sa famille, et surtout tirer un trait sur ces années de délinquance. L’avocat demande instamment au tribunal de ne pas détruire définitivement le jeune homme. Et pour cela, il remet en question la plupart des infractions contenues dans l’acte d’accusation, estimant que le procureur s’était acharné sur le prévenu. Jean-Patrick Gigandet rappelle que la petite amie de son client a retiré sa plainte en toute connaissance de cause. Et concernant une bagarre avec un homme en gare de Bienne, il plaide la légitime défense bien que « disproportionnée » . Enfin, concernant les accusations d’actes et contraintes sexuels sur une mineure, il crie tout simplement au mensonge. Pour ce point, l’acquittement doit être prononcé selon lui, à tout le moins le doute doit profiter au prévenu. L’avocat estime que ce dernier a déjà passé trop de temps en prison. Au pire des cas, le tribunal doit considérer que sa peine est purgée, au mieux, il devra même le dédommager en partie.

Le tribunal s’est désormais retiré pour délibérer. Le jugement sera prononcé le jeudi 1er avril à 14h. /oza



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