Sale coup pour la production locale de fruits

La météo glaciale de la première partie du mois d’avril a entraîné d’importants dégâts dans ...
Sale coup pour la production locale de fruits

La météo glaciale de la première partie du mois d’avril a entraîné d’importants dégâts dans les vergers. Les damassiniers ont été particulièrement touchés

Alain Perret observe ses damassiniers (photos : archives). Alain Perret observe ses damassiniers (photos : archives).

Les arbres fruitiers sont parés de leurs plus belles fleurs… mais beaucoup d’entre elles ne donneront pas de fruit. A l’issue de l’épisode de froid polaire qui a touché la région ces dernières semaines, les producteurs n’ont pu que constater d’importants dégâts. «  Un épisode de gel comme ça, c’est arrivé trois fois sur les trente dernières années  », indique Alain Perret, exploitant des Vergers d’Ajoie et co-président de l’Interprofession de la damassine. Il ajoute  : « Le coup de massue, c’était entre le 6 et le 8 avril. C’était encore négatif presque tous les matins la semaine dernière, mais apparemment ça n’a pas fait de dégâts supplémentaires. » Sur ses damassiniers, il évalue les pertes à 90%. La situation est plus variable pour les pommiers, avec 50 à 80% de dégâts selon les variétés.

Le constat est identique dans les vergers de la Fondation Rurale interjurassienne  : « Février a été assez chaud, ce qui a hâté la floraison, puis on a eu cet épisode de froid polaire, explique Victor Egger, responsable de la station d’arboriculture à Courtemelon. Sur les poiriers, c’est dégât total  ; les cerisiers ont aussi bien morflé », constate-t-il.


Une récolte pas forcément condamnée

Pourtant, 90% des fleurs détruites, ça ne signifie pas que 90% des fruits seront perdus. Il n’y a de toute façon qu’une petite partie des fleurs qui donnent effectivement des fruits. Les prochains mois seront donc décisifs  : Alain Perret estime que si tous les paramètres sont réunis pour les fleurs survivantes, la récolte peut encore être sauvée.

Par ailleurs, ces dégâts des conséquences plus ou moins importantes selon les fruits  : « On dit qu’un damassinier donne tous les quatre, cinq, six ans, explique Alain Perret, co-président de l’Interprofession de la damassine. Un professionnel obtient une bonne récolte tous les deux ans. Comme le produit est transformé, on peut créer des stocks, et une mauvaise année n’a en fait aucun impact. » Le hic, c’est les produits dérivés  : sirops, fruits en liqueur, confitures, tartes, bref, tout ce qui nécessite des fruits frais. « Ça attire les clients dans le magasin sur le domaine  ; et si les produits phares ne sont pas disponibles, les gens ne viennent plus », souligne le spécialiste.

Autre fruit, autre souci  : les pommes ne peuvent pas être stockées au-delà de l’année. Selon Victor Egger, de la Fondation Rurale interjurassienne, c’est tout un enchaînement  : « Il y a moins de travail pour la vente directe, mais aussi dans les pressoirs, les distilleries. L’impact financier se répercute chez eux aussi. » /lad  


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