Vingt ans d'AOP pour la Tête de Moine

Le célèbre fromage bénéficie d'une appellation d'origine protégée depuis 2001. Un enregistrement ...
Vingt ans d'AOP pour la Tête de Moine

Le célèbre fromage bénéficie d'une appellation d'origine protégée depuis 2001. Un enregistrement qui a permis au produit de gagner en qualité et en notoriété

La Tête de Moine était en fête mardi à Bellelay. De gauche à droite : Martin Siegenthaler (futur gérant de l'Interprofession), Pierre Montavon (photographe), Jacques Gygax (président de l'IP) et Olivier Isler (actuel gérant de l'IP). La Tête de Moine était en fête mardi à Bellelay. De gauche à droite : Martin Siegenthaler (futur gérant de l'Interprofession), Pierre Montavon (photographe), Jacques Gygax (président de l'IP) et Olivier Isler (actuel gérant de l'IP).

La filière de la Tête de Moine célèbre cette année ses 20 ans d'enregistrement en tant qu'appellation d'origine protégée (AOP). Mardi, sur le site historique de Bellelay, les membres de l'Interprofession (IP) sont revenus sur ces deux décennies qui ont vu le produit se démarquer de manière significative. Grâce au cahier des charges lié à l'AOP - entré en vigueur le 8 mai 2001 -, des exigences claires pour la production de la Tête de Moine ont été définies, avec le respect de la tradition en toile de fond. Il était aussi question d'apporter une bonne valeur ajoutée au produit, de protéger celui-ci, et de garantir des prix de vente rémunérateurs pour tous les échelons de la filière. Pari réussi, selon le président de l'IP Jacques Gygax, qui est revenu mardi sur le contexte particulier qui a vu l’obtention de cette AOP. L'un des objectifs périlleux de l'époque ? Parvenir à fédérer des acteurs aux intérêts parfois divergents, voire antagonistes :

« Une vision autour d’un savoir-faire »

L'AOP a finalement permis à la Tête de Moine de gagner en notoriété et d'être reconnue en tant que véritable filière. Le bilan parle de lui même, selon Jacques Gygax : « En 20 ans, nous avons doublé les ventes. L’année 2020 a été marquée par la pandémie, ce qui ne nous a pas empêché d’écouler 8'800 Têtes de Moine par jour en moyenne. Les exportations, elles, ont pratiquement triplé, avec des ventes dans plus de 40 pays. Oui, nous avons été conquérants. »


Sus aux contrefacteurs
L'un des rôles de l'AOP, et c'est d'ailleurs explicite, est aussi de protéger le produit. La Tête de Moine en a bien besoin, elle qui subit depuis plusieurs décennies les attaques de copieurs et autres contrefacteurs :

« Le produit suscite des jalousies »

Des défis, la Tête de Moine en a à revendre. Le fromage se vend bien, sa renommée est excellente, mais il faut sans cesse progresser. C'est d'ailleurs la volonté ferme du futur nouveau gérant de l'IP, Martin Siegenthaler, qui prendra ses fonctions en lieu et place d'Olivier Isler. « Nous voulons conserver la qualité du produit tout en continuant de croître de manière saine. Il faudra gérer les volumes de production. Les enjeux de durabilité sont aussi très importants à nos yeux », a d'ailleurs rappelé Olivier Isler, chaleureusement remercié par Jacques Gygax pour ses 22 ans à la tête de l'IP :

« Ce succès, c’est d’abord le sien »

L'avenir du site touristique de Bellelay représente également un enjeu majeur. Après le départ des activités de psychiatrie vers Moutier, c'est tout un espace qui devra être réinventé. L'IP Tête de Moine a l'intention de se joindre à la réflexion future. Enfin, notons que les 20 ans de l'AOP ont été marqués d'une pierre blanche par la publication d'un ouvrage intitulé « L’Univers de la Tête de la Moine », paru aux éditions D+P. Sur site, à Bellelay, pas de fête en raison de la pandémie, mais une exposition de photographies signées Pierre Montavon. Les traditionnelles sculptures géantes en foin ont également fait leur retour devant la Maison de la Tête de Moine. /oza


 

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