La facture de la crise plombe les comptes de l’Etat

Sans surprise, la pandémie a durement touché les comptes du canton du Jura qui affichent un ...
La facture de la crise plombe les comptes de l’Etat

Sans surprise, la pandémie a durement touché les comptes du canton du Jura qui affichent un déficit de 34,1 millions de francs en 2020

Les comptes ont été présentés par la ministre des finances Rosalie Beuret Siess, assistée de Pascal Charmillot et David Caillet de la Trésorerie générale. Les comptes ont été présentés par la ministre des finances Rosalie Beuret Siess, assistée de Pascal Charmillot et David Caillet de la Trésorerie générale.

Comme on pouvait s’y attendre, la pandémie de coronavirus a durement grevé les comptes de l’Etat jurassien. Dévoilés ce matin, ils bouclent sur un déficit de 34,1 millions de francs sur l’année dernière. Un trou qui s'explique presque intégralement par les charges exceptionnelles engendrées par la crise sanitaire qui s’élèvent à 39 millions. Sans la pandémie, c’est un bénéfice de « 5,2 millions qui aurait pu être atteint alors que le budget présentait un déficit prévisionnel de 3,9 millions », selon le Département des finances.

Entretien dans le Journal de 18h avec la ministre jurassienne des finances, Rosalie Beuret Siess :

En quoi cette crise coûte-t-elle si chère ?

Pour faire simple, il y a tout d’abord ce que l’Etat a dû débourser pour lutter contre la pandémie : ce sont des coûts sanitaires d’une part, mais aussi toutes les mesures de soutien à l’économie, à la santé, culture, social, etc., le tout s’élevant à 30,4 millions de francs. Ensuite, cette crise a causé un manque à gagner : quand tout le monde y perd, les rentrées fiscales chutent aussi par effet domino à hauteur de 16,1 millions, compensé en partie pour une diminution des charges en lien avec une baisse de l’activité (-7,2 millions).


Des recettes trop faibles pour compenser la facture de la crise

Mais alors que d’autres cantons ont pu présenter des comptes à l’équilibre, le Jura peine à compenser la facture de la crise par ses recettes. Si les rentrées sont conformes au budget, elles sont néanmoins « sauvées » par LA bonne nouvelle financière de 2020 – il y en a quand même une – avec l’apport supplémentaire de la BNS de 11,4 millions. Sans cela, les recettes cantonales diminuent par rapport aux comptes précédents. Une baisse de revenus principalement imputable à l’incidence de la réforme de la fiscalité des entreprises (RFFA) qui se répercute pour la première fois dans les comptes de l’Etat, et à une chute des parts de revenus fédéraux.


La crise devrait coûter encore plus de 30 millions cette année

La dette brute a progressé de 365 à 377 millions, « des proportions qui restent raisonnables », selon le chef de la Trésorerie générale Pascal Charmillot. En dépit du constat d’un déficit structurel qui se creuse, l’Etat se veut optimiste à la vue de quelques signes de reprises. Sans leurrer pour autant, bien conscient que l’année 2021 sera encore difficile financièrement. La pandémie coûtera, selon les projections, encore plus de 30 millions cette année, faisant grimper l’addition à plus de 70 millions de francs sur deux ans. /jpi


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