Le zéro déchet, un vrai geste pour l’environnement ?

Suivant un mouvement né aux Etats-Unis, de plus en plus de Jurassiennes et de Jurassiens réduisent ...
Le zéro déchet, un vrai geste pour l’environnement ?

Suivant un mouvement né aux Etats-Unis, de plus en plus de Jurassiennes et de Jurassiens réduisent leur production de déchets et, de manière générale, leur consommation. Enquête sur le réel impact environnemental de cette pratique

  Elodie pratique le zéro déchet depuis 5 ans. Chez elle, bocaux et boîtes réutilisables remplacent la plupart des emballages jetables.  Elodie pratique le zéro déchet depuis 5 ans. Chez elle, bocaux et boîtes réutilisables remplacent la plupart des emballages jetables.

Amener des bocaux ou son sac en toile au magasin, utiliser des mouchoirs et protections hygiéniques lavables, refuser les emballages, flyers et couverts jetables qu’on nous propose : de plus en plus de Jurassiennes et de Jurassiens adoptent ces habitudes pour réduire leur production de déchets et leur empreinte carbone. C’est le « zéro déchet », popularisé par la Franco-américaine Béa Johnson, autrice du livre du même nom. Nina Beuret s’est intéressée de plus près à cette pratique et à son impact.

Passer au zéro déchet nécessite de changer bon nombre d’habitudes. Comme Elodie et Claudia, deux adeptes jurassiennes, beaucoup changent leur manière de faire leurs courses : s’organiser à l’avance pour avoir les contenants nécessaires aux achats en vrac, renoncer à certains plats tout préparés qui génèrent trop de déchets, et opter pour des produits d’hygiènes réutilisables. Beaucoup de consommateurs et consommatrices se tournent aussi davantage vers le commerce local, et les magasins en vrac (où les aliments sont vendus au poids, sans emballage) profitent de ce gain de popularité. À La Marchande, à Saignelégier, on remarque ce phénomène récent. La co-gérante, Claudine Donzé, apprécie pouvoir sensibiliser les clientes et clients à l’environnement, mais elle reconnaît qu’à l’interne, le magasin génère quand même des déchets.

Le magasin en vrac La Marchande, à Saignelégier, cherche à limiter les déchets à l’interne aussi. Certains contenants jetables sont difficiles à éliminer, mais beaucoup d’aliments arrivent dans des tonneaux rendus ensuite au fournisseur. Le magasin en vrac La Marchande, à Saignelégier, cherche à limiter les déchets à l’interne aussi. Certains contenants jetables sont difficiles à éliminer, mais beaucoup d’aliments arrivent dans des tonneaux rendus ensuite au fournisseur.

Zéro déchet, l’appellation parle d’elle-même. Cette pratique vise à limiter l’achat emballages et objets jetables, mais aussi à éviter la surconsommation, de façon plus globale. Le gaspillage alimentaire fait partie des problèmes auxquels s’attaque Zero Waste Switzerland, l’antenne suisse du mouvement, et c’est justement l’une des pratiques les plus énergivores, selon Christophe Badertscher, de l’Office jurassien de l’environnement. La production de déchets, elle, évolue peu dans le Jura et en Suisse, même si la part recyclée augmente. La valorisation des détritus est importante, mais Christophe Badertscher lui préfère la réutilisation. Il estime donc que le zéro déchet peut avoir un impact très positif sur l’environnement.

L’aspect social, réel ou virtuel, est important pour beaucoup d’adeptes du zéro déchet. Ce sont d’ailleurs souvent les médias sociaux ou les proches qui incitent à se lancer dans ce mode de vie. Marjorie Schmidt, ambassadrice neuchâteloise pour Zero Waste Switzerland, s’est engagée dans l’association au fur et à mesure que sa pratique personnelle prenait de l’ampleur. Elle constate que le fait d’être entourée d’une communauté est inspirant et peut aider à se lancer dans le mouvement. Elle-même apprécie de montrer l’exemple, un sentiment partagé par d’autres enthousiastes du zéro déchet. Il ne s’agit toutefois pas de viser la perfection, car chaque geste dans le sens d’une réduction de sa consommation a un impact positif. /nbe


 

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