La députée socialiste Leïla Hanini a déposé un postulat au Parlement jurassien pour que cette structure d’accueil soit mise en place dans tous les cercles scolaires du Jura, sur le modèle de ce qui se fait dans le canton de Berne et plus particulièrement à Moutier
Donner la possibilité aux parents de travailler librement en laissant leurs enfants toute la journée à l’école. C’est le souhait du groupe socialiste et de sa députée Leïla Hanini qui a déposé cette semaine un postulat devant le Parlement jurassien. L’élue de Courroux demande au Gouvernement d’étudier la possibilité d’une mise en place de l’école à journée continue dans l’ensemble des cercles scolaires du Jura. Elle cite notamment l’exemple de Moutier, où une telle structure d’accueil extrascolaire existe et permet aux parents d’en user selon leurs besoins. Ces derniers peuvent y placer leurs enfants durant la période souhaitée, c’est-à-dire le matin avant l’école, pour le repas de midi et après l‘école.
Réduire les inégalités hommes-femmes et entre familles
Le Jura ne présente pour l’heure que des solutions disparates puisque ce sont les communes qui ont le choix ou non de mettre à disposition ce type de service pour le temps extra-scolaire. Certaines communes disposent d’UAPE (Unité d’accueil des écoliers), d’autres non, ce qui « creuse des inégalités entre les familles en fonction du lieu de vie », relève Leïla Hanini. L’école à journée continue permettrait aussi selon la députée socialiste de se libérer du modèle traditionnel et majoritaire de la femme au foyer. « C’est encore et toujours les femmes qui abandonnent leur carrière ou travaillent à temps partiel pour que l’homme puisse continuer son activité à plein temps. On est d’ailleurs en Europe l’un des pays où ce système est le plus représenté, 57% par rapport à tous les autres modèles », appuie Leïla Hanini qui voit dans l’école à journée continue une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie familiale.
« Cela a un coût, mais aussi un retour sur investissement »
Elle estime que le modèle du canton de Berne peut être utilisé comme exemple. Ce sont les communes qui évaluent chaque année, au moyen d’une enquête auprès des parents, si leurs besoins nécessitent l’ouverture d’une telle structure d’accueil. Il s’agit d’une prestation obligatoire si les conditions fixées dans la loi ainsi que dans une ordonnance cantonale sont remplies. Les coûts de l’école la journée continue sont alors répartis entre le canton, les communes et les parents. « Certes, ça a un coût mais il faut voir aussi qu'il y a un retour sur investissement. Cela rendrait notre canton plus attractif et permettrait à des femmes d'augmenter leur temps de travail ou de reprendre une activité, ce qui renflouerait les caisses de l’Etat en termes de fiscalité », plaide encore l’élue vadaise. L’étude de faisabilité demandée par le postulat permettrait justement d’avoir une vision plus claire de l’ampleur du chantier. /emu-jpi









