La technologie blockchain au service de l’administration jurassienne

Le canton du Jura fait figure de pionnier en étant le premier du pays à intégrer la technologie ...
La technologie blockchain au service de l’administration jurassienne

Le canton du Jura fait figure de pionnier en étant le premier du pays à intégrer la technologie blockchain pour sécuriser les transactions. Le principe permet notamment de générer des documents infalsifiables

Le canton du Jura intègre la technologie blockchain pour sécuriser ses documents. (Photo: capture d'écran jura.ch) Le canton du Jura intègre la technologie blockchain pour sécuriser ses documents. (Photo: capture d'écran jura.ch)

Le canton du Jura mise sur le principe de la blockchain pour la sécurisation des documents. Soutenu à hauteur de 80'000 francs par eGovernment Suisse, l’organisation qui chapeaute le développement des prestations électroniques des autorités, un projet pilote a été mené avec succès dans le domaine des extraits de poursuite. Dès le deuxième semestre 2021, la technologie sera officiellement utilisée dans ce domaine. Ainsi, il sera possible de commander en ligne un extrait de poursuites nouvelle génération et de le recevoir via le Guichet virtuel cantonal en format électronique (PDF). Un QR-code – cette sorte de code-barres carré – sera apposé au document. Il contiendra, de manière sécurisée, les données importantes. Le principe est ensuite appelé à devenir une solution centrale du système d’information de l’Etat jurassien, en permettant de sécuriser les prestations numériques existantes et futures.


La Blockchain KSI, un système né en 2008

Concrètement, un citoyen qui demande un extrait de poursuite recevra un document affublé d’un QR-code, cette sorte de code-barre carré, qui peut ensuite être déchiffré via une application de téléphone portable par exemple. La marque ne peut pas être falsifiée, car elle s’appuie sur la Blockchain KSI. Une blockchain (chaîne de blocs en français) est un procédé qui consiste à stocker une donnée sur un très grand nombre de serveurs informatiques ; pour falsifier cette donnée, il faudrait pouvoir la modifier sur chacun des serveurs – autrement dit, c’est impossible. La Blockchain KSI existe depuis 2008. Elle attribue une empreinte digitale à chaque transaction. Les empreintes sont ensuite associées par deux pour créer une nouvelle empreinte, et ainsi de suite, jusqu’à former un diagramme en arbre. Tout au sommet se trouve une empreinte unique, qui va être intégrée dans un bloc, avec des milliards d’autres données chaque seconde. Les blocs forment une chaîne qui sécurise documents, transactions et processus. La chaîne assure la légitimité des émetteurs et garantit l’intégrité des données, mais sans jamais les stocker. C’est l’émetteur, donc le canton, et le citoyen, qui les gardent en leur possession. Il faut préciser que la Blockchain KSI n’a aucun lien avec les cryptomonnaies, et qu’elle consomme peu d’énergie.


Des prestations plus sûres

Appliquée aux services de l’administration cantonale jurassienne, cette technologie permettra de garantir l’authenticité et la validité temporelle des documents, qui pourront être imprimés tout en conservant leur valeur. Une attestation pourra ainsi être transmise au format papier ou électronique, à une gérance immobilière par exemple. Le citoyen pourra également obtenir ce nouveau type de documents aux guichets physiques de l’administration.

« La confiance numérique dans les services fournis aux citoyens ne peut pas se décréter », observe l’Etat. Des ateliers participatifs seront donc menés en septembre avec la population pour informer ainsi que tester la technologie et son acceptation. Une page web dédiée à la confiance numérique fournit davantage d’informations. /comm-lad


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