Centre de Loisirs : besoin urgent de « crever l’abcès » des luttes intestines

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Centre de Loisirs : besoin urgent de « crever l’abcès » des luttes intestines

L’institution franc-montagnarde et sa gouvernance se retrouvent à nouveau dans la tourmente après le licenciement du directeur Fabio Monti. En toile de fond, beaucoup d’acteurs dépeignent une guerre des clans

Une assemblée générale extraordinaire est demandée par les maires, un audit externe est aussi espéré. Une assemblée générale extraordinaire est demandée par les maires, un audit externe est aussi espéré.

Mais que se passe-t-il au Centre de Loisirs des Franches-Montagnes ? L’institution et sa gouvernance se retrouvent à nouveau dans la tourmente après le licenciement du directeur Fabio Monti, en place depuis tout juste six mois. En 2019 déjà, la précédente directrice Cornelia Berberat avait été renvoyée durant sa période d’essai. Derrière ces affaires, on retrouve en toile de fond une guerre des clans et une opposition des modes de management.


Rupture de confiance et caméras

Le motif de licenciement du directeur est d’ailleurs la « rupture de confiance », selon le président du Conseil d’administration Georges Schuler. Fabio Monti évoque, lui, des motivations « peu claires » dans la lettre. On lui reprocherait un comportement inadéquat avec le personnel et des actions illégales en référence à la pose de caméras à l’insu des employés. Des caméras auraient été placées au sous-sol de l’établissement, lieu qui renferme des produits dangereux comme de l’ammoniac, d’où selon Fabio Monti la volonté de le surveiller. Il déplore aussi qu'un ancien salarié retraité depuis 2012 dispose encore d'un trousseau de clefs, il s'agit d'un agent technique, confirme le président du Conseil d'administration Georges Schuler. Fabio Monti reconnaît avoir fait installer une autre caméra dans son propre bureau par « sentiment d’insécurité ». Même s’il reconnaît des erreurs dans sa communication, l’ex-directeur estime avoir été « dans son droit » de poser ces caméras et conteste les motifs de son licenciement.


« La situation est catastrophique »

Ce licenciement a provoqué la (désagréable) surprise de plusieurs maires de communes franc-montagnardes qui demandent la tenue d’une assemblée générale extraordinaire. Bien que les communes soient actionnaires majoritaires du Centre de loisirs, le maire de Saignelégier Vincent Wermeille déplore un manque d’information sur les problèmes internes. « La situation est catastrophique, ça fait deux directeurs lourdés sans explications », s’agace aussi Vincent Hennin, député-maire de Montfaucon. « Fabio Monti présentait toutes les garanties et faisait l’unanimité à Montfaucon. Le CA a pris une décision précipitée », fustige Vincent Hennin qui demande comme beaucoup « de crever l’abcès ». C’est aussi l’avis d’une membre de ce Conseil d’administration, Pauline Queloz, qui se dit « déçue par cette décision loin d’être unanime ». En effet, la lettre de licenciement est signée par quatre membres du CA (soit la majorité), deux membres n’ont pas signé.

Vincent Wermeille déplore le manque d'informations sur les problèmes internes

L’ombre d’André Willemin derrière la guerre des clans

Derrière cette décision, quasiment toutes les personnes contactées ayant part à ce dossier dépeignent une guerre des clans. Avec une ombre qui revient souvent derrière ces luttes intestines, celle de l’ancien directeur du Centre de Loisirs André Willemin. « Même au sein du personnel, il y a les pro et les anti-Willemin », dépeint Vincent Hennin. « Je suis un retraité heureux », confie pourtant l’intéressé dans le Quotidien Jurassien ce mardi pour se dédouaner de toute interférence. Une petite phrase qui a fait rire, ou sourire, plusieurs personnes contactées. « Depuis mon départ le 30 novembre, je ne me suis pas occupé d’une miette du Centre de Loisirs », martèle André Willemin qui dit cependant avoir « alerté le CA sur des dysfonctionnements » liés à Fabio Monti. « Ce n’est pas moi qui ai mis des caméras, envoyé le président au tribunal et la directrice adjointe en arrêt maladie », se défend-il... tout en dévoilant son ressentiment envers le directeur licencié. « C’est clairement une guerre des clans avec des esprits malsains qui font du mal au Centre de Loisirs », résume et regrette Pauline Queloz qui espère désormais un audit externe pour faire la lumière sur ces dysfonctionnements.


Le CA a rencontré les salariés

« Une cellule de crise a d’ailleurs été mise en place », informe Georges Schuler qui confirme également que le Conseil d’administration est allé lundi soir à la rencontre des employés. Selon une source proche du dossier, une majorité de salariés y auraient apporté leur soutien à Fabio Monti. « Il y a eu les deux sons de cloches », tempère l’un des membres du CA, Claude-Adrien Schaller, et le président. Selon cette même source, une dizaine de salariés ont aussi révélé avoir été contactés par André Willemin ces dernières semaines pour évoquer le cas Monti. Or, l'ancien directeur historique du CL - qui conserve un mandat pour la construction des halles de gym - a signé en mars dernier une convention lui interdisant d’entrer en contact avec les employés à titre professionnel. « Non, je reconnais en avoir contacté à titre privé pour les informer que je cessais mes activités au CL et les remercier », se défend l’intéressé. « Tout cela est un gâchis et ça m’attriste surtout vis-à-vis des salariés », conclut de son côté Fabio Monti. Une tempête qui contraint aujourd’hui le Centre de Loisirs à voguer sans capitaine officiel à la barre. Sans directeur, ni directrice adjointe toujours en arrêt maladie. /jpi


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