Il y a 40 ans, le monde apprenait l’existence du sida

Les autorités de santé américaines ont pour la première fois signalé le 5 juin 1981 l’apparition ...
Il y a 40 ans, le monde apprenait l’existence du sida

Les autorités de santé américaines ont pour la première fois signalé le 5 juin 1981 l’apparition d’une maladie qui allait devenir une pandémie mondiale. Une date historique qui a aussi permis de briser certains tabous

Ce samedi 5 juin marque une date historique dans la lutte contre le sida. (Photo d'illustration : EPA/ANDREJ CUKIC). Ce samedi 5 juin marque une date historique dans la lutte contre le sida. (Photo d'illustration : EPA/ANDREJ CUKIC).

C’était il y a 40 ans jour pour jour. Le 5 juin 1981, le département américain de la santé signalait pour la première fois une maladie qui allait devenir une pandémie mondiale sous le nom de sida et provoquer le décès de plus de 32 millions de personnes à travers le monde. Il aura fallu attendre quinze ans avant de trouver une combinaison de médicaments efficace pour combattre ce virus. Dès que les traitements ont été disponibles, les communautés touchées se sont battues pour accélérer leur distribution. Contrairement à la situation actuelle avec le coronavirus, « il y a eu une bien moins grande mobilisation des institutions publiques et de l’ensemble de la population », souligne Florent Jouinot, coordinateur romand de l’Aide suisse contre le sida.

Florent Jouinot : « Le déploiement des premiers traitements a pris plusieurs années »

Des tabous brisés

La communication du service sanitaire américain a, par ailleurs, permis de lever plusieurs tabous concernant la sexualité, selon l’Aide suisse contre le sida. Une fois que les modes de transmission du virus ont été identifiés, les autorités ont remarqué que certaines populations étaient davantage touchées que les autres par le VIH. « On s’est rendu compte que la sexualité entre hommes existait. C’était un tabou absolu dans les années 80. Les personnes se cachaient. L’épidémie a contraint les autorités à investiguer la réalité de ces populations. On est passé du déni à une nécessité de connaître ces populations », précise Florent Jouinot.


Une vie presque normale

Aujourd’hui, la médecine permet aux personnes atteintes du VIH et sous traitement de vivre normalement. Le coordinateur romand de l’Aide suisse contre le sida souligne que ces dernières ne sont pas malades et qu’elles ne peuvent donc pas transmettre l’infection, y compris lors de rapports sexuels. « Les personnes restent porteuses du VIH, mais celui-ci ne peut plus se répliquer dans l’organisme », ajoute Florent Jouinot.

Le regard social reste toutefois totalement différent et les discriminations bien présentes. « L’accès aux assurances ou aux logements est très complexe, car tous ces éléments sont basés sur une réalité du VIH d’il y a dix ou quinze ans », précise-t-il. Selon Florent Jouinot, cette situation pousse de nombreuses personnes atteintes par le sida à taire leur réalité médicale dans la vie de tous les jours.

Florent Jouinot revient sur la date historique du 5 juin 1981

Pour marquer ce quarantième anniversaire, l’Aide suisse contre le sida va mener jusqu’à la fin de l’année une campagne nationale pour attirer l’attention du public sur les avances médicales en matière de traitement et de prévention ainsi que sur le changement dans le discours social sur la sexualité. /alr


 

Actualités suivantes

Articles les plus lus