Le projet d’école ménagère à Moutier est combattu. La récolte de signatures en vue du dépôt d’un référendum a été lancée mercredi, selon un communiqué signé par un citoyen prévôtois. La démarche se veut « non-agressive et totalement indépendante de la Question jurassienne », indique Benoît Marchand au nom d'un comité référendaire. Si le peuple doit être appelé aux urnes, c’est que le projet accepté par le Conseil de ville de Moutier lors de sa séance du 28 juin est trop cher, et surtout validé dans des conditions discutables selon lui.
« Une location très conséquente »
Le choix des élus s’est porté sur la variante « en dur » et en location prônée par l'exécutif. Elle prévoit un contrat sur 20 à 30 ans pour des locaux à la ruelle de l’Ours 8, pour un prix de 85'000 francs par année, charges comprises. Le montant total dépasserait les 2 millions de francs. La seconde variante consistait à poser des éléments modulables dans les environs de l’école de Chantemerle. « La ville de Moutier va payer une location très conséquente durant de très nombreuses années à un promoteur privé. Pour un montant équivalent, la commune pourrait investir dans une infrastructure qui lui appartiendrait entièrement », estiment les référendaires :
« On n’est pas dans une urgence absolue »
Il faut au moins 200 signatures pour déposer un référendum. Les opposants au projet d’école ménagère exposeront leurs arguments en détail une fois que les paraphes auront été réunis. Ils ont jusqu’à fin juillet pour y parvenir. De son côté, le conseiller municipal en charge du dossier, Valentin Zuber, a pris acte mercredi de cette démarche citoyenne.
Un long serpent de mer
Le dossier de l’école ménagère de Moutier est un long serpent de mer. Actuellement, les élèves suivent les cours dans des locaux vétustes et insalubres qui ne répondent plus aux normes d'enseignement et de sécurité. En 2015, le projet de construction d’un nouveau bâtiment qui devait aussi comporter des appartements de haut standing avait été rejeté par la population. Par la suite, plusieurs options ont été étudiées sans convaincre les élus qui avaient renvoyé le dossier au Conseil municipal en janvier dernier. La variante « ruelle de l’Ours » a finalement passé la rampe dans la douleur le 28 juin, par 18 voix contre 8 et 2 abstentions, tout en sachant que les élus de l’UDC, du PLR et du PSJB avaient déserté la séance. /oza









