« On est plus qu'épuisé »

Fortement mobilisés ces dernières semaines pour faire face aux intempéries, les pompiers jurassiens ...
« On est plus qu'épuisé »

Fortement mobilisés ces dernières semaines pour faire face aux intempéries, les pompiers jurassiens enchaînent les interventions et dorment peu tout en conciliant leur engagement avec leur vie professionnelle

Les pompiers enchaînent les heures de mobilisation, au détriment des heures de sommeil. (Photo : Georges Henz) Les pompiers enchaînent les heures de mobilisation, au détriment des heures de sommeil. (Photo : Georges Henz)

Depuis le 3 juin et les premiers gros orages, David Buxases ne compte plus les alertes. Ce pompier du SIS La Vendline en est cette semaine à sa sixième mobilisation longue durée en un peu plus d’un mois. Forcément éprouvant. « C’est très dur physiquement et moralement pour tout le monde. On est plus qu'épuisé. Les mobilisations se comptent en dizaine d’heures la plupart du temps. Entre lundi et mardi, j’ai été mobilisé toute la nuit et n’ai pu prendre que trois heures de sommeil », confie David. Comme tous ses collègues pompiers du canton du Jura (à l'exception de deux officiers professionnels), David est volontaire et doit donc concilier son engagement avec sa vie professionnelle. Aller au boulot après une longue nuit d’intervention, « ça fait plus que piquer, c’est vraiment horrible, on travaille au radar », sourit le responsable local pour la commune d'Alle au SIS La Vendline.


« Surtout un arrangement entre l’employeur et l’employé »

Selon la loi, l’employeur est tenu de libérer les collaborateurs qui seraient appelés en urgence pour un service actif. Mais pour ce qui est du retour au travail, même sans avoir dormi, le texte se montre très lacunaire. L’inspecteur cantonal des sapeurs-pompiers John Mosimann appelle simplement au bon sens. « Il faut voir un peu l’état de fatigue. Ce n’est pas adéquat pour un employeur d’avoir un collaborateur qui dort sur une machine ou sur son lieu de travail. Le mieux est de libérer cette personne. Mais je dois admettre que c’est une zone grise. Dans les faits, c’est surtout un arrangement entre l’employeur et l’employé », avance John Mosimann qui affirme que les patrons se montrent globalement compréhensifs.


« J’essaye de donner un peu à tout le monde »

Chauffeur dans une entreprise d'Alle, David Buxases a la chance d’avoir un employeur qui accepte plutôt bien ses obligations de pompiers. « Ce n’est pas facile pour notre employeur parce que ça fait tout de suite du personnel en moins, du travail qui ne se fait pas. J’essaye de donner un peu à tout le monde, mon employeur le comprend. Notre entreprise est aussi sinistrée pendant ces inondations donc il sait le travail que l’on fait », reconnaît David. Son patron peut d’ailleurs s’attendre à retrouver un employé avec des petits yeux ces prochains jours puisque de nouvelles précipitations sont attendues. David et ses compagnons sapeurs-pompiers sont prêts à repartir sur le terrain, malgré la fatigue. /jpi


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