L’exploitation de la centrale hydraulique de Moulin-Grillon est remise en cause. Selon une information parue dans le dernier Journal officiel, le Gouvernement jurassien a décidé de supprimer le droit d’eau immémorial de l’entreprise située à St-Ursanne. Il s’agit d’une sorte de concession illimitée dans le temps qui, selon la jurisprudence récente du Tribunal fédéral, n’a plus de raison d’être. La mesure entrera en vigueur en 2029. A partir de cette date, il ne sera plus possible d’exploiter la centrale comme cela se fait aujourd’hui. Mais c’est surtout un objectif environnemental qui a poussé l’exécutif à agir. Selon le chef de l’office cantonal de l’environnement, Patrice Eschmann, des assainissements devraient être menés au niveau de la turbine pour réduire la mortalité de la faune piscicole.
Selon Patrice Eschmann, l’idée n’est pas forcément d’interdire tout turbinage sur le site. L’abandon de l’exploitation fait partie des variantes étudiées. Une telle mesure permettrait d’éviter certains problèmes avec les poissons, selon le chef de l’Office cantonal de l’environnement, mais une nouvelle concession pourrait aussi être octroyée avec un dispositif moderne ayant une turbine compatible avec la faune piscicole.
Patrice Eschmann : « Il y a eu beaucoup d’efforts sur Moulin-Grillon, mais il reste des assainissements à faire »
Un choc pour l’exploitant
De son côté, le directeur de la société Moulin-Grillon SA en charge de l’installation se dit choqué par la décision du Gouvernement jurassien. Pierre-Alain Bourquard la juge incompréhensible, sachant qu’elle va à l’encontre de la volonté de développer des énergies renouvelables. Quant à savoir s’il pourrait déposer un dossier pour demander une nouvelle concession, le responsable ne veut pas se faire d’illusions. « Toutes les associations environnementales vont faire opposition contre ce genre de projet », prédit-il.
Pierre-Alain Bourquard : « On va se priver de la production d’énergie renouvelable pour 600 personnes »
Pierre-Alain Bourquard n’exclut pas de recourir contre la décision de l’exécutif cantonal auprès du Tribunal cantonal. /alr









