Le collège Thurmann fait l’objet de nombreux débats depuis le début de la semaine : dans son règlement, il est inscrit que les élèves doivent porter une tenue correcte. La phrase est accompagnée d’un pictogramme, qui impose que soit recouverte la zone entre les aisselles et les mi-cuisses. Concrètement : on ne doit pas voir le nombril, ni trop de jambe. Sur les réseaux sociaux, dans la cour de récré et à table, certains s’insurgent et crient au scandale, invoquant une règle archaïque dictée par une société patriarcale. Pour Caroline Toussaint, c’est une question de mode et surtout d’environnement dans lequel on évolue.
Le commentaire de Caroline Toussaint :
Ce n’est pas toujours bien vu de porter ce qu’on veut, selon où l’on va. Il n’y a que dans un célèbre fast food jaune et rouge que vous pouvez venir comme vous êtes. Et encore, je ne suis pas sûre que vous oseriez vous y rendre en vieux pyjama Mickey Mouse, même si c’est comme ça que vous êtes.
Oui, c’est peut-être le patriarcat qui dicte ces règles de société, mais selon moi, c’est plus une question de présentation, d’adaptation à son environnement. De la même manière, je ne suis pas certaine qu’interdire le crop top à l’école, ce soit uniquement une question de patriarcat et de regard déplacé de la part des hommes sur les femmes.
Malheureusement, des garçons et des messieurs qui se rincent l’oeil, il y en à l’école, mais aussi dans la rue, même aux repas de famille du dimanche.
Alors, évidemment, je suis d’accord avec cette jeune fille qui nous a dit cette semaine « Moi je pense qu’il faudrait plus adapter les garçons, parce qu’il y a que des mauvais regards et pas des mauvaises tenues ».
Bien sûr qu’il faut changer le regard de certains garçons, et l’école a un rôle à jouer là-dedans. C’est un lieu pour apprendre les codes du vivre ensemble. Le respect, la bienveillance, l’égalité homme femme. Oui, on doit en faire plus pour enseigner le respect mutuel à nos fils et à nos filles. Mais si l’école, c’est un lieu où on apprend les codes du vivre ensemble, je suis d’avis que ça passe aussi par la manière dont on se présente dans certains lieux dits « institutionnels ».
Filles ou garçons, selon l’événement auquel on participe, ou le lieu où on travaille, on est tenu de s’habiller d’une certaine manière. C’est le cas à la banque, à l’hôpital, dans certains restaurants. Même dans certains bureaux. Adieu crop top, jogging ou parfois même, adieu à cette bonne vieille paire de baskets.
L’essentiel dans tout ça, c’est que la règle vaille pour tout le monde, filles et garçons. Pour moi, la vraie problématique et inégalité du règlement de Thurmann, c’est ça : il ne s’adresse pratiquement qu’aux filles, qui sont les seules à porter des crop top et des petits shorts. Elles se sentent brimées, pas les garçons.
Pourtant, ils pourraient aussi se sentir un peu brimés. Pas forcément à l’école, mais dans la vie de tous les jours. Parce que si on regarde de plus près leur garde-robe, aux garçons, ils sont plutôt à plaindre en matière de choix et de créativité vestimentaire. Personnellement, je n’ai jamais vu un crop top dans un rayon de tee-shirt pour hommes. Je ne suis même pas sûre que ça existe.









