Le Jura bernois se redessine

Avec le départ annoncé de Moutier, l'administration et lieux de formation du Jura bernois et ...
Le Jura bernois se redessine

Avec le départ annoncé de Moutier, l'administration et lieux de formation du Jura bernois et de Bienne vont connaître une mue profonde. L'avancée des réflexions a été présentée mardi à Tramelan

Le chargé de projet pour le canton de Berne Mario Annoni (à droite), ici avec le vice-chancelier d'Etat David Gaffino. Le chargé de projet pour le canton de Berne Mario Annoni (à droite), ici avec le vice-chancelier d'Etat David Gaffino.

Le groupe de travail chargé de préparer le canton de Berne à vivre sans Moutier a présenté mardi ses premières conclusions. L’administration et les lieux de formation du Jura bernois et de Bienne vont être organisés selon un principe de concentration régionalisée. Les travaux menés dans le cadre du projet "Avenir Berne romande" avancent à un rythme soutenu, indique le groupe de travail présidé par l'ex-conseiller d'Etat bernois Mario Annoni. Initié dans la foulée du vote de Moutier sur son appartenance cantonale, le projet a pour but de régler les modalités du transfert de la commune et de redessiner la carte régionale des administrations et des lieux de formation francophones du Jura bernois et de Bienne. La concentration régionalisée signifie que des pôles de compétences seront implantés de façon équilibrée sur le territoire, permettant à la population de bénéficier d’un service public cantonal de proximité et complet en français, précise le groupe de travail. Mario Annoni a reconnu que ce point de situation arrive tôt, mais il n'est jamais trop tôt pour commencer :

« Nos propositions rencontrent déjà une majorité d’opinions favorables »

Une solution équilibrée

Aujourd'hui, nombre de ces administrations et écoles sont sises à Moutier. L’objectif est de conserver dans la région les emplois et les services à la population, tout en les modernisant et en les regroupant au sein de plusieurs pôles de compétences qui formeront un réseau. L’équilibre entre le Jura bernois et Bienne doit être préservé. Dans le détail, le projet prévoit de réunir sur un même site, a priori dans la vallée de Tavannes, les services de l’administration cantonale francophone pour le Jura bernois. S'y retrouveraient notamment la préfecture, le registre foncier, la protection de l'enfant ou les documents d'identité. Le tribunal et l’Autorité régionale de conciliation seraient déplacés de Moutier à Courtelary, dans les bâtiments de l’actuelle préfecture du Jura bernois. Cette proposition doit encore être examinée par un sous-groupe de travail avec des représentants des secteurs concernés. Ce sous-groupe va aussi se pencher sur la réaffectation de l'ex-foyer d'éducation de Prêles qui pourrait devenir un établissement d’exécution judiciaire. La Police cantonale et le Ministère public pourraient s’installer à Loveresse, dans un bâtiment cantonal disponible et adapté. St-Imier demeurerait le pôle des écoles professionnelles, de la haute école et de la formation musicale et continue. Pas de changement non plus pour le Centre interrégional de perfectionnement (CIP) et le CEFF commerce à Tramelan, ni pour l'école de commerce à La Neuveville.


Services conservés à Bienne

En tant que pôle bilingue, Bienne continuera d’accueillir divers services de l’administration cantonale. Les collaborations et les échanges avec le pôle administratif du Jura bernois doivent encore être analysés. Bienne conservera aussi les filières scolaires dans les deux langues. La ville récupérerait notamment l'Ecole de Maturité spécialisée (EMSP) qui fait partie de son Gymnase français, mais qui est pour l'heure décentralisée à Moutier. Le CEFF Artisanat lui aussi serait déplacé dans la cité seelandaise.


Un projet à consolider

Validées par la Délégation du Conseil-exécutif pour les affaires jurassiennes, ces propositions seront désormais soumises à l’avis d’une commission d’accompagnement régionale formée de deux sections. Chargée d’évaluer l’acceptation politique des propositions du groupe de travail, la première regroupe les représentants des institutions régionales, tels que le Conseil du Jura bernois, la députation et la préfecture. L'autre section a pour tâche d’analyser l’impact socio-économique et historique des travaux et de faire des propositions innovantes. Réunie autour d’un noyau de personnalités, elle comptera en son sein des personnes issues de la société civile, dans une composition flexible et évolutive en fonction des besoins et de l’avancement du projet. Cette phase de consultation est essentielle, selon Mario Annoni :

« Nous voulons une complicité avec les sociétés civiles et institutionnelles »

S'agissant du transfert de Moutier, le canton de Berne se prépare activement en vue du concordat intercantonal. Une Feuille de route est en cours de finalisation et d’adoption entre les cantons de Berne et du Jura. Les deux cantons présenteront prochainement ensemble les règles de négociation. S’agissant du calendrier, le canton de Berne espère valider sa stratégie de réorganisation l’an prochain. Dans tous les cas, l’objectif de transférer la ville de Moutier au 1er janvier 2026 semble toujours réaliste selon Mario Annoni. /ats-oza

« Les choses peuvent prendre du temps, mais il y a des possibilité d’agir »


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