Escroquerie « wash wash » devant le tribunal

Le Tribunal régional Jura bernois-Seeland juge depuis ce lundi une affaire d'arnaque de type ...
Escroquerie « wash wash » devant le tribunal

Le Tribunal régional Jura bernois-Seeland juge depuis ce lundi une affaire d'arnaque de type « wash wash », une multiplication de billets de banque à partir de manipulations chimiques

Les escrocs prétendaient pouvoir « décalquer » légalement des billets de banque. (Image d'illustration) Les escrocs prétendaient pouvoir « décalquer » légalement des billets de banque. (Image d'illustration)

C’est une affaire d’escroquerie pour le moins originale qui occupe le Tribunal régional Jura bernois-Seeland depuis lundi matin à Moutier. Deux ressortissants camerounais comparaissent devant la juge unique Maïli Rüfenacht. On leur reproche une arnaque de type « wash wash » à l’encontre d’un commerçant de la région. L’opération dite « wash wash » consiste à manipuler les victimes en leur faisant croire à la possibilité de multiplier des billets de banque par des procédés chimiques. Dans le cas qui nous intéresse, les arnaqueurs ont présenté des billets blancs, mais qui comprenaient toutes les impressions de sécurité habituelles, c’est-à-dire les filigranes et les numéros. La victime, elle, a fourni des vrais billets de banque.

Puis les escrocs ont procédé à une pseudo démonstration avec différents produits colorants et une opération de pressage, comme une décalcomanie. Ils ont évidemment affirmé que la manipulation était légale, qu’il s’agissait d’un système de protection contre le vol lors du transport d’argent entre l’Afrique et l’Europe. Sauf que les vrais billets fournis par la victime ont disparu. On parle d’une somme qui avoisine les 60'000 francs. L'escroquerie s'est déroulée sur plusieurs semaines. Elle s'est même poursuivie après la manipulation des billets, celle-ci ayant prétendument échoué et abouti à une coloration rouge non souhaitée. L'un des arnaqueurs a alors expliqué qu'il était possible de rattraper le coup moyennant l'achat d'un produit chimique spécifique, évidemment vendu à prix d'or. C'est après cette dernière tentative de duperie qu'il a été appréhendé.


« J’ai honte »

Lundi matin, le commerçant victime de l’arnaque a répété avoir honte de s’être fait avoir. C’est aussi pour ça qu’il a insisté sur l’importance de parler de cette affaire, afin d’éviter que d’autres ne tombent dans le panneau. Un coup d’œil sur internet permet de constater que l’escroquerie « wash wash » est assez répandue. Un jeu de confiance, d’habile manipulation physique mais aussi psychologique. C’est bien pour cette raison que l’arnaqué avait lundi les propos amers. Il n’y a eu vu que du feu. Pire, il a assisté à la principale opération de «  duplication  » de billets. Notons également que le tout premier contact avec l’un des prévenus est arrivé à un moment idéal, comme un alignement des planètes. La victime cherchait depuis quelques années à remettre une partie de son affaire, et c’est précisément en tant que potentiel repreneur que l’un des escrocs s’est présenté. Le reste n’a été que profession de bonne foi, démonstrations, le tout dans un esprit cordial, véritable écran de fumée.

Les deux prévenus ont contesté lundi la plupart des faits. L’un d’eux est allé jusqu’à nier sa présence lors de la manipulation des billets. Affirmant ne pas se connaître, ils ont aussi rejeté leur responsabilité sur un autre larron, qui, lui, court toujours. Les deux hommes doivent donc répondre d’escroquerie, également de blanchiment d’argent pour l’un d’eux. La sentence sera prononcée mardi après-midi. /oza


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