Le jeune talent jurassien Edwin Charmillot projeté à Zurich

Edwin Charmillot, de Delémont, a vu son film « Momentum » être projeté en avant-première mondiale ...
Le jeune talent jurassien Edwin Charmillot projeté à Zurich

Edwin Charmillot, de Delémont, a vu son film « Momentum » être projeté en avant-première mondiale au 17e festival du film de Zürich

Le jeune cinéaste jurassien Edwin Charmillot Le jeune cinéaste jurassien Edwin Charmillot

Edwin Charmillot vit à Delémont et n'a jamais fréquenté d'école de cinéma. A 24 ans, il vient de célébrer au 17e festival du film de Zurich (ZFF) la première mondiale de son long-métrage « Momentum », nominé pour un « Oeil d'or » dans la catégorie Focus. Rencontre avec un autodidacte discret mais ambitieux.

En regardant « Momentum », il serait malvenu de parler d'inexpérience ou de maladresse technique, bien au contraire. Et pourtant, dans sa sincérité émotionnelle, le film dégage quelque chose de frais et de poignant. Avec Edwin Charmillot, un jeune talent de réalisation plus que convaincant fait son entrée dans le paysage du cinéma suisse.

« Momentum » est un film plein de retenue, et pas seulement en ce qui concerne sa durée de 64 minutes. Il y est question d'Emma (Sarah Bramms), une adolescente de 16 ans qui tente de retrouver le chemin de sa vie et de sa jeunesse après un accident tragique. On la voit souvent allongée seule avec sa tristesse dans son lit, ou errant dans la campagne jurassienne avec sa meilleure amie (Louna Drouin).

Quand Tom (Stéphane Monpetit), un peu plus âgé et dont la vie a été bouleversée par le même accident, revient au village, une douce histoire d'amour se noue entre Emma et lui. On l'aura compris, peu de choses se passent dans le film d'Edwin Charmillot. Ce qui le distingue, c'est sa maîtrise des rythmes propres aux personnages : chagrin et contemplation, amitié réconfortante, amour prudent.


Réduit à l'essentiel

Le jeune cinéaste confie à Keystone-ATS que son premier long-métrage était à l'origine deux fois plus long. Au montage, il n'a cependant gardé que ce qu'il considérait comme « absolument indispensable ». Malgré sa lenteur et une certaine absence de péripéties, « Momentum » possède un caractère urgent rarement présent dans le cinéma suisse.

On croirait que derrière cette urgence et sincérité se cache l'empreinte autobiographique du réalisateur, mais il n'en est rien. « J'avais envie de trouver un nouveau scénario pour les deux acteurs que j'avais engagés sur un projet qui a malheureusement échoué », explique Edwin Charmillot. « Le long-métrage devait être tourné dans le coin, en pleine nature et sans beaucoup de moyens, avec au centre ces deux êtres qui se trouvent dans leur douleur et leur tristesse. »

A dix ans déjà, le Jurassien, en vrai passionné, regardait des dizaines de films. Il a d'abord touché à la réalisation en montant de petits films d'animation en volume puis en tournant régulièrement des courts-métrages avec des amis. Son métier, il l'a appris, éloigné du monde cinématographique, grâce à Internet et en imitant ses modèles, sans hésiter à demander le soutien de ses proches.

Edwin Charmillot admire le réalisateur américain Terrence Malick, dont on ressent d'ailleurs l'influence dans les rythmes calmes et scéniques de « Momentum ». Il est également séduit par le cinéma asiatique, surtout Edward Yang, Wong Kar-wai et le jeune réalisateur chinois Bi Gan - lui aussi autodidacte, et qui a fait sensation il y a quelques années avec « Long Day's Journey into Night ».


Presque « fait maison »

Le premier vrai film d'Edwin Charmillot, « Icare », a été tourné à Delémont en 2015 et s'est doté d'un petit succès local. Il a remporté un prix jeunes talents et a été projeté dans plusieurs cinémas de la région. Pour ce court-métrage, le cinéaste a tout fait lui-même, de la réalisation et la production au montage et concept sonore en passant par le rôle principal et les costumes.

Dans « Momentum », il n'apparaît plus à l'écran, ce « afin d'avoir un contrôle total sur la mise en scène ». Le film est toutefois loin d'avoir donné lieu à une répartition très variée du travail. On ne le remarque à aucun moment de cette production réalisée pour seulement 30'000 francs, dont l'essentiel provient de fonds privés.

Edwin Charmillot espère que le ZFF lui apportera non seulement la reconnaissance du public, mais aussi l'attention du monde du cinéma, entre propositions de distributeurs pour sortir son film en Suisse voire à l'étranger et autres contacts avec des producteurs à la recherche de talents. D'ailleurs, il planche déjà sur de nouvelles idées, notamment tourner un film noir dans une ville asiatique. /ATS-cer


 

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