C’était il y a vingt ans : le 2 octobre 2001, les avions de Swissair restent cloués au sol, 40'000 passagers sont en rade aux quatre coins du monde et l’image de la Suisse est éclaboussée.
Endettée à hauteur de 15 milliards de francs, la société n'est plus en mesure de payer son kérosène et ses fournisseurs. A 16 heures ce 2 octobre 2001, les haut-parleurs de l'aéroport de Zurich annoncent que plus aucun vol Swissair ne décolle. C'est l'épilogue d'une longue descente aux enfers qui met à terre « la banque volante ».
« Une honte »
« La débâcle de Swissair, c’est la honte de l’économie Suisse ». C’est ainsi que Jean-Claude Donzel, ancien porte-parole de Swissair et de Swiss, évoque le 2 octobre 2001. Employé de Swissair depuis 1967, ce Biennois d’origine a alors compris que la messe était dite :
Ce 2 octobre, ni UBS, ni Crédit suisse, ni le Conseil fédéral ne permettent à ce miracle de se produire. Les avions restent ainsi cloués au sol avec 40'000 passagers livrés à eux-mêmes de par le monde.
Cette débâcle n’est cependant pas totalement une surprise puisqu’elle est le point d’orgue d’un enchainement d’errances, d’hésitations et de coups du sort : multiples changements au conseil d’administration et retournements de stratégie, désengagement de la compagnie Sabena, présentation de chiffres abyssaux, et, enfin, les attentats du 11 septembre :
En novembre 2001, la Confédération injecte 2 milliards de francs dans Crossair pour permettre à Swiss de décoller en mars 2002. Le tiers des effectifs passe à la trappe ; 5'000 emplois sont biffés. En 2005, pour pérenniser la compagnie, Swiss est vendue à Lufthansa pour 310 millions. /aju










