Le retour du loup confirmé dans le Jura

La présence d’un loup a bel et bien été constatée dans le Clos du Doubs.
Le retour du loup confirmé dans le Jura

La présence d’un loup a bel et bien été constatée dans le Clos du Doubs

Le loup est de retour dans le Jura, une première depuis le 19e siècle. (Photo libre de droits). Le loup est de retour dans le Jura, une première depuis le 19e siècle. (Photo libre de droits).

Un loup a pu être formellement identifié dans le canton du Jura, plus précisément dans le Clos du Doubs. La nouvelle a été confirmée ce mercredi par l’Office de l’environnement du canton du Jura dans un communiqué. La présence du loup a été attestée à la suite d’une attaque perpétrée sur deux chèvres dans la région de St-Ursanne et après des analyses menées sur les carcasses.

Son instinct de recolonisation ainsi que la présence du cerf élaphe, sa proie de prédilection, sur le territoire jurassien ont poussé le prédateur à revenir dans notre région.

Ce retour intervient dans un contexte favorable à son développement, avec un nombre record d’ongulés sauvages qui constituent ses principales proies. Avec son statut d’espèce protégée sur le plan fédéral, le loup a su reconquérir la Suisse, des Alpes à la chaîne de l'Arc jurassien, en l’espace d’une trentaine d’années.

L’Office cantonal de l’environnement s'est dit conscient mercredi de l’énergie et du temps que le retour du loup va engendrer en son sein. « Il entend s’y préparer au mieux avec ses partenaires et avec les moyens à disposition », précise le communiqué de la Chancellerie d'Etat.

Pour en parler, Amaury Boillat, inspecteur de la faune à l’Office de l’environnement, était l’invité du journal de 12h15 :

Selon Amaury Boillat, il pourrait s’agir d’un individu isolé. D'autres analyses sont en cours. 

Pour les milieux agricoles, le retour du loup était attendu avec une certaine appréhension. Daniel Pape, président de la fédération jurassienne d'élevage ovin et caprin, compte sur le canton du Jura et la Confédération pour assurer les indeminsations consécutives aux pertes infligées par le loup et financer des mesures de protection. Il s'attend également à voir le nombre d'éleveurs diminuer dans la région puisque la protection de petits troupeaux risque d'être coûteuse. Daniel Pape livre sa réaction: 

Daniel Pape : « Il y aura beaucoup d’éleveurs qui vont jeter l’éponge »

De son côté, Pro Natura Jura note que le retour du loup marque une plus-value pour l’écosystème et qu’il faut réapprendre à co-exister avec le grand prédateur. L’organisation reconnaît la nécessité de mesures de protection mais estime que le droit à l’existence de populations régionales de loups et d’autres espèces indigènes n’est pas négociable. Marc Tourrette, responsable des réserves à Pro Natura Jura, dit toutefois comprendre les inquiétudes des éleveurs : 

Marc Tourrette : « Après 130 ans d’absence du prédateur, c’est une coexistence qu’il faut réinventer »

/fco


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