Statistiques sur la vaccination, sur le nombre de décès : après le débat sur la Loi Covid dans notre Matinale, nous avons remis en perspective certains chiffres avancés par nos invités, Charles Juillard et Daniel Perissutti
Pour débattre de la modification de la Loi Covid-19, sur laquelle les Suisses vont se prononcer le 28 novembre prochain, nous recevions ce jeudi deux invités dans la Matinale. D’un côté, pour le non, Daniel Perissutti, des Amis de la constitution, et pour le oui, Charles Juillard, conseiller aux Etats PDC. Nos deux invités se sont opposés de nombreuses statistiques pour étayer leurs propos. Nous avons souhaité mettre certains de ces chiffres en perspective.
Pour Daniel Perissutti, l’explosion des décès n’a pas eu lieu en 2020 en Suisse : « Les statistique de l’OFS nous donnent 0,1% d’augmentation des décès en 2020 par rapport à 2019 »
Sur le site de l’Office fédéral de la statistique, on peut lire qu’en 2019, un peu plus de 67’700 personnes sont mortes en Suisse.
En 2020, année de la pandémie, il y a eu un peu plus de 76’000 décès au total. Si on fait le calcul, ça fait une augmentation de 12% en un an, et non pas 0,1%.
Si la totalité des décès ne peut pas être imputée au coronavirus, la pandémie a contribué à cette hausse de la mortalité, notamment auprès des plus de 65 ans. Dans les faits, on le remarque ainsi : le nombre de morts a décollé mi-mars 2020, quand l’épidémie de coronavirus a frappé en Suisse, +1'750 décès. Mi-octobre 2020, deuxième vague, les chiffres ont à nouveau explosé, +7'100 décès.
Daniel Perissuti : « Selon deux études, plus de 97% des décès classés Covid ne sont pas dus au Covid, mais à autre chose. C'est-à-dire qu'il y a 2,9% de décès pour lesquels on a aucune autre raison que le Covid. »
Daniel Perissuti parle d’un rapport de l’ISS, l’institut supérieur de la santé italien, qui a fait réagir beaucoup de monde. Sur le site internet France Soir par exemple, on peut lire que « seuls 2,9 % des 130.468 morts officiellement attribuées au Covid-19 depuis février 2020 seraient effectivement dues à la maladie ». Or, ce n’est pas ce que le rapport indique. Et c’est l’institut supérieur de la santé italien lui-même qui le précise: « Le pourcentage de 2,9%, fait référence aux patients décédés positifs au Covid qui n'avaient pas d'autres pathologies diagnostiquées avant l'infection ».
Oui, 97% des personnes décédées avaient, en plus du coronavirus, du diabète, de l’hypertension artérielle, ou étaient en rémission d’un cancer… A savoir que les personnes atteintes de ces pathologies sont plus souvent infectées par le coronavirus, les conséquences sont souvent plus graves et les décès plus nombreux.
Et l'ISS d'ajouter : « Le COVID-19 est la cause directe de la mort dans 89% des décès de personnes positives. »
Charles Juillard : « Les malades du Covid qui se retrouvent en soins intensifs, 9/10 ce sont des gens qui ne sont pas vaccinés. »
Charles Juillard se base probablement sur un article du 20 Minuten, qui met en avant une évaluation de l’Office fédéral de la santé publique. Entre le 19 juillet et le 15 août dernier, l’OFSP a analysé les données de 21 hôpitaux suisses. Sur 44 patients Covid en soins intensifs, 39 n’étaient pas vaccinés : 89% des personnes malades du Covid en soins aigus n’avaient donc pas reçu d’injection.
Un pourcentage à prendre avec des pincettes, car il pourrait vite devenir obsolète. Aujourd’hui, 65% des Suisses sont vaccinés. Mais si la couverture vaccinale atteignait 90% de personnes, alors les vaccinés deviendraient majoritaires dans les hôpitaux. S’en tenir à des pourcentages, c’est risqué, si la part de chacun des groupes n’est pas identique au départ. C'est ce que nous explique Libération dans cet article sur des chiffres français liés à la vaccination.
Charles Juillard : « Le fait d’être vacciné réduit de 6 à 8 fois le risque de transmettre la maladie »
Sciensano, l’institut belge de la santé, a publié un article au mois d’août dans la revue spécialisée Vaccine. Entre janvier et juin 2021, soit avant la prédominance du variant Delta en Belgique, l’étude montrait qu’une personne entièrement vaccinée transmettait le virus 52 à 62% moins fréquemment que les personnes non vaccinées. Ce chiffre augmente à 90% lors de contacts entre personnes complètement vaccinées.
D’autres chercheurs néerlandais ont travaillé sur le variant Delta, mais leurs études n’ont pas encore été certifiées par leurs pairs. Il semblerait toutefois qu’une personne vaccinée a 63% de risques en moins d’infecter des personnes non-vaccinées. /cto










