C’est assez rare et plutôt ludique, une exposition où toucher les œuvres et jouer avec est permis et même encouragé ! L’artiste visuel et sculpteur Benoît Dutour expose à partir de samedi 13 novembre et jusqu’au 19 décembre au POPA à Porrentruy. Le Français, qui vit à Paris, est un touche à tout et recourt à de nombreuses matières et supports pour donner vie mais aussi du sens à ses œuvres. Certaines dénoncent la vitesse du temps et l’hyperactivité, d’autres le consumérisme alors que ses « Traces de vie » sont une ode au mouvement. « Le liant de tout ça, c’est la vie. On la retrouve dans les trois axes de l’exposition : « Eaux de vie », « Traces de vie », et « Taquiner la vie ». J’essaie de donner un message positif autour de la vie, je déteste les expos anxiogènes où on ressort avec un coup sur l’estomac. J’aime bien en effet que les visiteurs s’approprient le travail, de franchir la barrière matérielle de toucher une œuvre », sourit l’artiste.
Benoît Dutour : « Je déteste les expos anxiogènes »
Benoît Dutour aime jouer avec l’art, à l’image des « Taquins », ce jeu fait de mosaïques que l’on peut bouger pour reconstituer une image. Le sculpteur français les décline en grandes œuvres classiques avec La Joconde, Le Baiser de Klimt ou encore l’autoportrait de Van Gogh. « Ça remonte à ma première visite du Louvre avec mon grand-père. Je m’attendais à une expérience personnelle extrêmement riche, et j’ai été très frustré parce qu’on ne pouvait pas approcher Mona Lisa. Je me suis dit que l’art classique n’était pas accessible. Vers 40 ans, j’ai décidé de jouer avec ce code et d’inviter les visiteurs à jouer avec », s’amuse Benoît Dutour, intarissable sur le sens et la genèse de ses créations. Le simple vol d’une mouche au plafond aboutit dans son imagination puis entre ses mains à une œuvre esthétique, tout comme ce point sublime entre Roger Federer et Rafael Nadal à l’Open d’Australie en 2017. Une exposition susceptible de toucher de nombreuses sensibilités. /jpi











