Les critiques fusent après la conclusion d’un accord moins ambitieux que prévu à la COP26. La conférence pour le climat s’est terminée samedi soir après deux semaines de négociations à Glasgow. Elle a débouché sur un texte atténué à la dernière minute. Celui-ci appelle à accélérer les efforts vers une réduction progressive du charbon, plutôt que vers une élimination de cette énergie fossile. La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga s’est notamment dite furieuse. Le résultat de cette COP26 ne surprend pas Martine Rebetez, professeure de climatologie à l’Université de Neuchâtel et à l’Institut fédéral de recherches WSL. Selon elle, l’accord est « totalement insuffisant » pour répondre aux défis climatiques.
Pour Martine Rebetez, la COP26 a toutefois permis de faire tomber certains masques. La simple mention du charbon a suscité une levée de boucliers d’après la climatologue. « Il y a eu une action très forte de la Chine pour protéger l’extraction du charbon. Les discussions ont touché des points clés et c’est la première fois que c’est aussi évident », souligne Martine Rebetez. Selon elle, l’accord conclu ce week-end ne permettra pas de limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré d’ici 2100.
Martine Rebetez : « Le résultat des négociations est totalement insuffisant »
Martine Rebetez voit une solution à ce blocage. La climatologue estime que les Etats volontaires peuvent s’engager à mettre en place des contingents qui diminuent progressivement, par exemple concernant la quantité de pétrole disponible. Selon la climatologue, une telle méthode permet « une sécurité dans les prévisions » et une meilleure planification de la transition à mettre en place vers d’autres types de motorisations. « C’est tout à fait faisable et les marchés aiment bien savoir à quoi s’en tenir », conclut-elle. /alr









