L’association Mel a été inaugurée ce samedi à Courfaivre. Deux ans après la mort de Mélanie, tuée par son mari à Courfaivre en 2019, Géraldine Marquis, la soeur de Mélanie, a lancé une association pour venir en aide aux femmes victime de violences conjugales.
Depuis un mois, l'organisation lutte officiellement contre les féminicides et les violences faites aux femmes, en partenariat avec une thérapeute, notamment. Isabelle Zwahlen, qui a un cabinet à Porrentruy, a déjà pu échanger avec des femmes rencontrées via l’Association Mel : « A un moment donné elles ont besoin de parler. Jusqu’à aujourd’hui il n’existait pas grand-chose dans le Jura. Cette association est parfaite pour les femmes qui ne savent pas trop où aller. »
On peut se sortir d'une relation toxique
Isabelle Zwahlen a vécu elle aussi les violences, mais elle a tourné la page et s’est formée à l’aide aux victimes. Un travail de prise de conscience, de deuil et de reconstruction est le plus souvent nécessaire pour sortir d’une relation toxique, selon Isabelle : « J’en suis la preuve vivante. On peut être heureuse, bien dans ses pompes, et ne plus retomber dans ce type de schéma de couple dysfonctionnel. C’est un long parcours, mais on peut tout à fait s’en sortir »
N'importe qui peut apprendre à se défendre
L’association Mel propose également aux femmes qui en ressentent le besoin de suivre des cours de self-défense. Elle a lié un partenariat avec l’association Le Forum. Laurianne Mertz donne des cours de kick-boxing et assure que la pratique des arts martiaux peut aider les femmes à se sentir plus fortes et plus confiantes : « Peu importe sa morphologie, une femme peut toujours se défendre grâce à des techniques, des coups sur des parties sensibles qu’on apprend à identifier. » Des clefs sont ainsi proposées aux participantes, pour neutraliser son adversaire le temps de se mettre en sécurité : « Une femme qui reçoit un coup de bâton ne peut pas le stopper. Il faut le suivre, le dévier et enchaîner différents coups pour faire lâcher l’arme. Même en situation de surprise, ça peut fonctionner grâce aux réflexes qu’on apprend en cours », explique Laurianne Mertz.
Un logement dédié aux victimes
Outre ces deux offres, l’association Mel travaille aussi avec une entreprise de sécurité. Elle met à disposition un système d'alarme; système qui sera déployé dans un appartement, prêté à l’association Mel ce samedi pour une durée de 6 mois. Un généreux donateur a en effet proposé un lieu où loger les femmes en situation de danger imminent. Un geste inespéré, selon Géraldine Marquis, présidente de l’association et sœur de Mel : « Pour nous c’est exceptionnel. Il suffit de se bouger pour voir que les choses peuvent changer… »
Recherche de dons
Les contacts sont de plus en plus nombreux, les soutiens également, même si Géraldine sait qu’il en faudra davantage pour mettre sur pied tous les objectifs qu’elle s’est fixés : « Une association comme la nôtre coûte au minimum 15 à 20'000 francs par an, pour la structure qu’on a déjà. Si on voulait un appartement ou une maison avec un soutien psychologique constant, cela coûterait plusieurs centaines de milliers de francs… On ferait alors appel à des subventions.» Aujourd'hui, les dons sont de plus en plus nombreux et viennent de toute la Suisse, selon Géraldine Marquis : « Ce n’est pas qu’une association où les gens viennent pleurer sur notre drame. Certes, il y a eu le drame, mais l’association, c’est à part. On a voulu faire du drame de notre famille quelque chose de bien. Le but, c’est qu’au bout de cette histoire, une petite fleur puisse naître. »
C’est donc la fleur au fusil que Géraldine Marquis et ses partenaires mènent ce grand combat contre les violences faites aux femmes. A savoir que cette année, 23 féminicides ont été dénombrés en Suisse. /cto









