Seconde partie de saison sous le signe de l’humour… non sans craintes

A l’heure de dévoiler sa programmation pour début 2022, le Centre culturel du district de Porrentruy ...
Seconde partie de saison sous le signe de l’humour… non sans craintes

A l’heure de dévoiler sa programmation pour début 2022, le Centre culturel du district de Porrentruy espère que la crise sanitaire ne mettra pas à nouveau la culture en sourdine

« Hiver à Sokcho » d’Elisa Shua Dusapin sera revisité au théâtre en février par une compagnie jurassienne. (Photo : Yann Becker) « Hiver à Sokcho » d’Elisa Shua Dusapin sera revisité au théâtre en février par une compagnie jurassienne. (Photo : Yann Becker)

De l’humour au programme, même si la situation actuelle, aux airs de tristement déjà-vu, n’est pas des plus drôles. C’est avec une pointe de crainte que le Centre culturel du district de Porrentruy a présenté ce vendredi le programme de sa seconde partie de saison. « Elle sera placée sous le signe de l’humour », annonce la directrice du CCDP Marie-Claire Chappuis, citant au passage la venue de Claude-Inga Barbey, les clowneries de David Melendy, Cuche et Barbezat qui se rendront hommage à eux-mêmes ou encore Panayotis Pascot, connu pour ses chroniques décalées dans « Le Petit Journal » et « Quotidien » aux côtés de Yann Barthès.

Une belle place pour l'humour suisse selon Marie-Claire Chappuis

Le théâtre sera aussi bien représenté avec la mise en scène du roman « Hiver à Sokcho » d’Elisa Shua Dusapin et la participation de Pitch Comment ainsi qu’une autre grande pièce, « La machine de Turing », sur l’incroyable destin du mathématicien qui a déchiffré Enigma durant la 2e Guerre mondiale. « Sur neuf spectacles, on a quatre productions suisses, dont deux jurassiennes », souligne fièrement Marie-Claire Chappuis. « La machine de Turing » aurait d’ailleurs dû être jouée en octobre 2020, finalement repoussée en raison de la crise sanitaire… dont les nouvelles restrictions font craindre le pire au monde culturel. « C’est difficile à vivre, on espère toujours que ça ira mieux et en fin de compte rien n’est certain. On se met dans une dynamique de travail où on prévoit une deuxième partie de saison, tout en sachant qu’elle peut être remise en question à tout moment », déplore la directrice du CCDP.

Marie-Claire Chappuis : « En fin de compte, rien n'est certain » 

Face au climat ambiant, les artistes tremblent aussi. « Disons qu’on y croit, il faut garder espoir, mais tout reste incertain. Ça fait peur. Quand tu es dans une compagnie, il faut déjà pouvoir préparer, répéter. Il suffit d’être un petit nombre et certaines choses ne sont déjà plus possibles », craint le danseur Amadou Dieng qui se produira fin janvier avec son spectacle de danse africaine et contemporaine « Ici, ailleurs ». Plusieurs acteurs culturels redoutent aussi l’imposition de la règle des « 2G » qui reviendrait à diviser le public et priver certains d’un accès à une salle de spectacle. Une directive à laquelle Marie-Claire Chappuis sait qu’il faudra éventuellement se conformer, à contre-cœur. /jpi


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