L'ONG Caminando Fronteras dénombre plus de 4'400 personnes décédées ou disparues lors de leur traversée en mer en 2021. Les routes empruntées pour éviter les contrôles sont particulièrement dangereuses
Plus de 4’400 migrants sont morts en 2021 en tentant de traverser la mer vers l’Espagne, selon l’ONG Caminando Fronteras. Des chiffres bien supérieurs à ceux de l’organisation internationale pour les migrations, qui parle d’au moins 955 morts ou disparus… Mais les deux organismes s’accordent pour dire que l’année passée a été extrêmement meurtrière entre l’Afrique et l’Espagne.
Route plus dangereuse
L'Espagne figure parmi les principales portes d’entrée des migrants clandestins en Europe. Depuis quelques années, des contrôles renforcés sont organisés en Méditerranée, ce qui pousse les passeurs à emprunter des routes plus dangereuses. Cela peut en partie expliquer cette hausse des décès en mer : la grande majorité des migrants ont disparu en tentant d’atteindre les Canaries depuis le nord ouest de l’Afrique, selon Caminando Fronteras. L’ONG souligne aussi que de plus en plus de femmes et d’enfants empruntent ces routes migratoires. En 2021, ils étaient plus de 830 à disparaitre en mer.
Des milliers de migrants en Espagne
Caminando Fronteras dénonce ce lundi un manque de moyens pour les sauvetages. Elle met en avant la responsabilité des « organisations criminelles » de passeurs et le manque de coordination entre l'Espagne et le Maroc en raison de leur brouille diplomatique. Cette crise, provoquée par l'accueil en Espagne pour des raisons médicales du chef des indépendantistes du Sahara occidental, avait entraîné l'arrivée de plus de 10'000 migrants mi-mai dans l'enclave espagnole de Ceuta, à la faveur d'un relâchement des contrôles par Rabat. Au moins 37'385 migrants sont arrivés sur les côtes espagnoles en 2021, selon les derniers chiffres du ministère espagnol de l'Intérieur. /ats-cto









