Un jeune homme comparait depuis jeudi matin devant la justice jurassienne. Le procureur a demandé une lourde peine à l’encontre de cet individu soupçonné d’être impliqué dans plusieurs affaires
Le Ministère public jurassien requiert une lourde peine à l’encontre d’un jeune homme qui comparait depuis jeudi matin devant le Tribunal pénal de première instance, à Porrentruy. Il réclame une peine de six ans et demi de prison pour plusieurs agressions survenues en 2019 et 2020 en Ajoie. Le prévenu est accusé de s’en être pris à trois jeunes femmes. Il doit notamment répondre de tentative de brigandage qualifié, séquestration, contrainte ou encore violation de domicile.
Une jeune femme ligotée à Boncourt
L’une des agressions avait particulièrement marqué la région. Elle s’était produite en octobre 2020 à la gare de Boncourt. Selon l’acte d’accusation, le prévenu avait roué de coups de poing et ligoté une jeune femme. Il lui avait aussi mis un couteau sous la gorge pour obtenir de l’argent. Un an plus tôt, l’individu avait surpris une autre jeune femme qui dormait dans sa chambre à Buix. Dans une troisième affaire, il avait mis un sac plastique autour de la gorge d’une adolescente et tenté de l’étrangler, selon le Ministère public. Ces faits étaient également survenus à Boncourt en plein semi-confinement.
Des victimes traumatisées
Lors de son audition, le prévenu a dit regretter ses actes et le tort causé aux victimes. Il a notamment expliqué l’agression de la gare par un besoin d’argent. Dans les autres cas, ses propos sont restés relativement confus. Il a dit vouloir faire une blague ou encore voir l’intérieur de la maison dans le cadre de l’affaire de Buix. De leur côté, les trois plaignantes ont partagé avec le tribunal les séquelles, toujours présentes, de leurs agressions. Crises d’angoisse, cauchemars ou encore difficultés à se trouver seules, les victimes en subissent encore clairement les conséquences. La jeune femme agressée à la gare de Boncourt a indiqué ne plus pouvoir prendre les transports publics.
Un acharnement dénoncé
Le procureur a évoqué un intensité criminelle hors-norme. Laurent Crevoisier a relevé la futilité des mobiles. Il a également mis en avant de nombreuses contradictions dans les déclarations du prévenu, au contraire de celles des plaignantes qui sont restées constantes, selon lui. Le représentant du Ministère public a évoqué une phase de repérage le soir avant les faits à la gare de Boncourt. Le jeune homme s’était, en effet, couché dans un champ pour observer les lieux. Pour l’avocat de la victime, il s’agit du comportement typique d’un prédateur.
Le représentant légal du prévenu a, lui, dénoncé un acharnement à l’encontre de son client qui souffre de troubles de la personnalité et qui ne reconnait qu’une partie des faits. L’avocat a insisté sur les regrets et les excuses exprimés par son mandant lors du procès. Il a demandé au tribunal de ne pas lui infliger plus de trois ans de prison et de réfléchir à la mise en place d’un sursis partiel.
Le verdict sera rendu vendredi à 11h. /alr









