Une production de cannabis démantelée avant même qu’elle ne débute. C’est l’affaire pour le moins originale qui occupe depuis lundi les juges du Tribunal régional Jura bernois-Seeland à Moutier. C’est d’ailleurs dans des locaux industriels de la cité prévôtoise que la plantation devait voir le jour entre 2018 et 2019. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu pour les deux prévenus.
L'adresse sur un billet
Les 2'000 plants de chanvre qui devaient être livrés à Moutier ne sont tout simplement jamais arrivés à destination. Le transporteur a été interpellé à la douane de Bâle en mars 2019 avec 34 kilos de matériel, ce qui représente un chiffre d’affaires potentiel de 400'000 francs. Un billet avait été retrouvé dans le véhicule avec l’adresse de livraison à Moutier. Les enquêteurs ont pu recouper ce moyen de preuve à l’aide d’autres messages échangés par les protagonistes. Ces derniers avaient également préparé le terrain dans les locaux qu’ils louaient sans avertir le propriétaire, peut-on lire dans l'acte d'accusation. Les fenêtres ont été masquées, les ouvertures colmatées avec de la mousse expansive, et puis du matériel a été acheté en vue de la production de cannabis : des lampes spécifiques, ventilateurs, pompes à eau, engrais ou encore pots en plastique.
D'autres affaires en cours
L’audition de l’un des prévenus n’a pas beaucoup aidé le tribunal lundi matin. Un homme peu collaboratif, dont les propos ont souvent évolué, et qui a régulièrement parlé de malentendus, d’erreurs de retranscription de ses précédentes déclarations. Il a aussi assuré respecter la loi, ce qui a été fortement remis en question par la présidente du tribunal. Le principal prévenu est d'ailleurs également entendu pour exploitation d’un bar dans le même bâtiment, un établissement où il aurait employé plusieurs jeunes femmes de manière illégale et mis à disposition des machines à sous. La juge a rappelé que pas moins de 16 contrôles policiers avaient été effectués entre octobre 2017 et février 2019. Ils avaient abouti à 9 condamnations par ordonnance pénale. La date du jugement n’est pas encore connue. /oza









