Les NFT sont des codes numériques qui permettent d’authentifier un objet sur internet. Ces derniers mois, certains se sont vendus pour plusieurs millions de francs. De nombreux secteurs peuvent succomber au phénomène, celui de l’art particulièrement. Éclairage
Depuis quelques mois, les NFT font du bruit à coups de millions de francs. Certains se vendent pour des sommes astronomiques. Mais que sont-ils ? NFT est l’acronyme de Non Fungible Token, jeton non fongible en français. Il s’agit d’un code unique lié à un objet sur internet, comme une image, une musique ou encore un élément de jeu vidéo. Un NFT est en quelque sorte un contrat de propriété intellectuelle combiné à un contrat d’authenticité. Il permet par exemple de certifier qu’une œuvre digitale est bel et bien la réalisation originale d’un artiste. Pratique, dans un monde où tout est duplicable à souhait.
Les premiers NFT sont nés il y a plus de dix ans, en même temps que les cryptomonnaies. Mais leur véritable essor n’est vieux que d’une ou deux années. Pour Alexandre Roussel, ce décalage temporel s’explique par le fait que « les NFT circulent sur des blockchains qui sont créées pour des cryptomonnaies ». L’expert du monde de la cryptomonnaie et directeur des opérations chez NYM Technologies à Neuchâtel ajoute qu’il a fallu « que des gens s’équipent avec des logiciels spécialisés. Avant que les NFT puissent prendre de l’ampleur, il fallait que plein de monde installe et utilise des cryptomonnaies. »
Les jetons non fongibles utilisent des blockchains qui sont « à la fois un réseau d’ordinateurs et un réseau financier dans lequel on peut procéder à des échanges et des transactions. C’est aussi un grand registre de comptes dans lequel on peut savoir qui a quoi. », explique Alexandre Roussel. C’est une technologie qui permet de sécuriser et vérifier un ensemble d’informations. Le tout, de manière transparente et infalsifiable.
Les explications d'Alexandre Roussel, expert du monde de la cryptomonnaie :
Parmi tous les secteurs susceptibles de profiter de l’essor des NFT, celui de l’art est bien positionné. Les milieux artistiques « utilisent toutes sortes de droits de propriété intellectuelle qui peuvent être représentés sous forme de NFT, indique Alexandre Roussel. L’intérêt des artistes est de créer une relation financière directe entre eux et leurs admirateurs ». Les acheteurs et les collectionneurs y trouvent aussi un avantage, mais il est plus superficiel : « c’est de pouvoir être le seul à dire que c’est vraiment moi le détenteur du NFT, et personne d’autre », ajoute Alexandre Roussel.
Certains jetons non fongibles se sont vendus à prix d’or. L’artiste américain Beeple a notamment vendu en mars dernier un NFT d’une de ses œuvres pour près de 64 millions de francs. Le co-fondateur et PDG de Twitter, Jack Dorsey, a lui vendu son tout premier tweet pour près de 2,7 millions de francs. Tout cet argent peut attirer les convoitises et donc les dérives. Face à cela, selon Alexandre Roussel, « tout ce que l’on fait avec des NFT entre dans le cadre juridique existant. Mais avec leurs propriétés techniques, on a l’impression qu’on peut faire plus de choses et que c’est le Far West ».
La scène artistique jurassienne face aux NFT
Dans le canton du Jura, le Service de la culture connaît le phénomène mais les jetons non fongibles ne sont pas à l’ordre du jour. Pourtant, certains acteurs du milieu s’y sont essayé. C’est le cas notamment d’Adrien Jutard. L’artiste et vice-président de Visarte Jura a créé des NFT. Toutefois, ces derniers ne règlent pas tout. « Ce dont on a absolument besoin sont des moyens de diffusion de nos créations, à savoir les musées et les galeries. Le problème de la diffusion ne va pas changer avec le médium digital. Si vous ne vous occupez pas de vos NFT, il ne se passe rien. Mais si des galeries s’emparent de ça et font le travail de diffusion pour les artistes, ça peut être un nouveau moyen d’authentifier des œuvres et puis de les commercialiser sur les plateformes numériques ». Adrien Jutard prévient : pour créer un NFT, il faut s’accrocher pour comprendre le fonctionnement des différents mécanismes autour des blockchains et des cryptomonnaies. Au final, le vice-président de Visarte Jura voit les NFT d’un œil curieux même si pour les artistes, l’intérêt n’est pas forcément au rendez-vous. /nmy









