Rien n’a laissé entrevoir que le drame des Roches-de-Moron prendrait de telles proportions. La Police neuchâteloise et le procureur général se sont expliqués jeudi matin sur les raisons pour lesquelles le mari violent n’a pas été détenu ou surveillé par un bracelet électronique
La Police neuchâteloise a fait le point jeudi matin, deux jours après les événements tragiques des Roches-de-Moron. Tôt mardi matin, à La Chaux-de-Fonds, un quinquagénaire armé d'un couteau de cuisine avait blessé son fils adulte à la main, en tentant d’approcher son épouse, malgré les mesures d'éloignement mises en place par la police. Il avait ensuite forcé celle-ci à embarquer dans sa voiture, et s’était ensuite jeté avec elle du haut du point de vue des Roches-de-Moron.
Gravement blessés, le suspect et sa victime ont pu être secourus mardi après-midi, au terme d’une longue intervention, dans des conditions météo délicates. Jeudi matin, tous deux se trouvaient dans un état stable et leur vie n’était pas en danger. Le mari était toujours aux soins intensifs. En raison de leur état de santé, ni l’un, ni l’autre n’ont pu être interrogés jusqu’ici. Le fils blessé a subi une intervention de microchirurgie. Il devrait garder des séquelles.
Une intervention préalable
Jeudi de la semaine précédente, les forces de l’ordre étaient intervenues au domicile familial après une altercation violente. C’est là que l’interdiction d’approcher l’épouse avait été formulée. Celle-ci avait choisi de prendre ses distances en emménageant chez son fils aîné, majeur, en compagnie de son fils cadet.
Reste que cette affaire soulève beaucoup de questions. Certains se demandent pourquoi le mari n’a pas été détenu de manière préventive, après l’intervention de la police du 10 février. Le procureur général Pierre Aubert s’explique :
La Police neuchâteloise intervient entre 5 et 7 fois par semaine pour des querelles de couples. A chaque fois, cette pesée des intérêts est effectuée, afin d’évaluer le niveau de la menace et les risques potentiels.
La piste du bracelet électronique
Autre question soulevée : la pose d’un bracelet électronique sur le suspect. Des voix s’élèvent pour s’imaginer qu’une telle mesure préventive aurait pu éviter ce crime. Pour Pierre Aubert, ça n’est pas aussi simple. Le droit suisse limite ce type d’intervention :
Des réflexions autour de l'introduction d’un bracelet électronique en Suisse sont en cours depuis 2011. Il s’agit de mettre en place des collaborations intercantonales afin de parvenir à une taille critique qui permettrait la mise en œuvre d’une telle mesure, en tenant compte des droits fondamentaux, mais aussi des coûts et du personnel à disposition. Un projet est en cours, qui devrait se concrétiser en 2024. /jhi









