Korine Amacher, professeure d’histoire russe et soviétique à l’université de Genève, partage ses impressions sur la situation en Ukraine
C’est l'actualité internationale de la semaine. Après des semaines de tension et des tentatives d’apaisement diplomatique vaines, la Russie a envahi l’Ukraine. Une situation qui semblait pourtant impossible pour de nombreux experts. Korine Amacher est l’une d’eux. Elle est professeure d’histoire russe et soviétique à l’université de Genève et est l’autrice d’un livre intitulé Histoire partagée, mémoires divisées sur l’Ukraine, la Russie et la Pologne.
Lorsque l’on lui pose la question « Comment en est-on arrivé là ? », elle ne donne pas de réponse directe. La crise actuelle en Ukraine n’est pas le résultat d’une équation simple. Les tensions datent notamment de 2014, moment de l’annexion de la Crimée par la Russie, mais n’ont fait que croître tandis que les ukrainiens démontrent un attrait grandissant pour l’Europe et l’Occident. L’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN par exemple serait insupportable pour Vladimir Poutine et est avancée comme la raison du conflit actuel. Korine Amacher nuance pourtant cette possibilité. Pour elle, l’Ukraine n’est pas prête à faire partie de l’OTAN mais la souveraineté du peuple ukrainien ne permet pas d’écarter cette possibilité aeternam :
L’heure des sanctions
Les menaces des pays occidentaux n’auront pas suffi. Ils doivent désormais réagir. Une intervention militaire a été écartée par le président américain Joe Biden. Korine Amacher observe que les sanctions économiques ne sont pas encore définies et se montre sceptique face à leur utilité. Elle estime que dans tous les cas, les effets se feront sentir à moyen ou long terme. Korine Amacher estime qu’il sera très difficile de stopper Vladimir Poutine rapidement:
Même au sein des frontières russes, la décision de Vladimir Poutine est fortement critiquée. Malgré l'interdiction de manifester, des rassemblements ont eu lieu hier soir à Saint Pétersbourg notamment. Une situation qui diffère de celle de l'annexion de la Crimée en 2014 selon Korine Amacher. Cette fois, l'opinion publique russe est fortement en désaccord avec l'invasion de l'Ukraine. Une constatation qui aura des conséquences à l’interne selon Korine Amacher :
Les rassemblements de protestation ont cependant été réprimés. Des milliers de manifestants ont été appréhendés par les forces de l'ordre. / lmv









