Les sanctions prises à l’encontre de la Russie en réponse à l’invasion de l’Ukraine ne devraient avoir qu’un impact limité sur les exportations de montres, estiment plusieurs spécialistes du secteur
L'impact financier des sanctions contre la Russie, 17e marché d'exportation pour l'industrie horlogère suisses, devrait être limité, même s'il est encore très tôt pour estimer l'ampleur exacte des conséquences de l'invasion de l'Ukraine par la Russie pour le secteur.
En 2021, les marques horlogères ont envoyé vers la Russie des montres d'une valeur de 260,1 millions de francs (prix export), soit un bond de 35% sur un an et de 30,6% par rapport à 2019, avant la pandémie de coronavirus.
« La Russie, représentant un peu plus de 1% des exportations horlogères suisses, a été l'un des marchés ayant connu le plus de succès ces deux dernières années », commente Jean-Philippe Bertschy, un analyste de la banque Vontobel.
« Nous pensons que l'impact financier du conflit restera plutôt limité, que ce soit pour les exportations horlogères ou les ventes des groupes de luxe en général », déclare M. Bertschy, tout en soulignant que le sentiment général est cependant négatif, comme le montre la réaction des actions des entreprises du luxe à la Bourse.
« Il est encore prématuré pour évaluer l'impact négatif du conflit mais les entreprises avec un réseau de boutiques solide sont moins exposées », poursuit Vontobel, avant d'ajouter qu'un autre risque pour les marques horlogères est l'exposition à la clientèle russe résidant dans d'autres pays, et les mesures prises par les gouvernements pour geler les avoirs de ces derniers dans leurs pays respectifs.
Commerce difficile
Quant à Jean-Daniel Pasche, le président de la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH), tout en relevant que les conséquences dépendront des sanctions et de leur durée, il met en exergue qu'en raison de la chute du rouble, les prix de ventes des montres vont augmenter, ce qui peut influencer négativement les ventes.
« D'une manière générale, le coût de la vie en Russie va augmenter, affectant le climat de consommation », indique M. Pasche. L'exclusion du système de paiement Swift pour de nombreuses banques russes rendront les paiements beaucoup plus difficiles et l'acheminement des produits pourrait être plus ardu à cause des mesures d'exclusion de l'espace aérien, explique le responsable.
« D'une manière générale, nous ne pensons pas que le commerce horloger sera affecté, à l'exception peut-être des pays proches du conflit », affirme M. Pasche interrogé sur l'influence du conflit sur les autres marchés de l'industrie horlogère.
La banque UBS pour sa part estime que Swatch génère 2 à 3% de ses ventes en Russie et Richemont environ 2%. L'exposition totale à clientèle russe, serait de 3 à 4% au niveau mondial pour le groupe biennois et de 2% pour le Genevois. /ATS









