La guerre en Ukraine ne laisse pas les Jurassiens indifférents. Des récoltes fleurissent dans plusieurs localités du canton pour venir en aide aux réfugiés. À l’instar de Bassecourt, Corban ou encore Courgenay, une récolte avait notamment lieu à Courrendlin ce mercredi. De nombreuses personnes sont venues apporter nourriture, produits d’hygiène et affaires pour bébés. A même pas 11h, les deux organisatrices étaient surprises par le volume de biens déjà récoltés.
Ne pas rester les bras croisés
Pour l’une des deux organisatrices de la récolte à Courrendlin, il était impensable de rester sans rien faire : « je suis profondément touchée par ce qui se passe », s’exclame Sandra De Sloovere. Elle relève que les gens se sont mobilisés pour amener un peu de tout : nourriture, produits d’hygiène, peluches, vêtements, etc.
Sandra De Sloovere : « Les gens nous font part de leur histoire et de pourquoi ils viennent amener. C’est très émouvant ! »
Impossible également pour Roman Hodzic de rester sans rien faire. Cet Ukrainien et Bosnien vivant dans le Jura estime qu’il est de son devoir d’aider et de faire des choses. « C’est la misère, tout simplement », analyse le jeune homme pour qui l’Ukraine est un pays démocratique où la liberté règne.
Roman Hodzic : « C’est scandaleux d’un point de vue émotionnel et très dur pour les gens qui vivent là-bas. »
Roman Hodzic : « On doit le faire, c'est notre devoir! »
Une dame, arrivant sur le parking avec un coffre rempli de matériel, estime que « c’est une obligation d’aider » et qu’il « faut se mettre à la place de ces gens qui n’ont rien demandé ».
« On doit tous être humains. »
Une récolte fructueuse
La récolte à Courrendlin privilégiait les produits d’hygiène, la nourriture et les affaires pour bébés. Volumineux, les vêtements et les chaussures devaient être déposés dans un autre point de collecte, ont expliqué les deux organisatrices.
« Qu’est-ce qu’on serait en train de souffrir si on devait partir de notre Jura avec une petite valise ? »
Avec un caddie rempli de nourriture, mais aussi de couches pour bébés et de serviettes hygiéniques, une jeune mère de famille a confié qu’il était important pour elle d’apporter son aide. Elle a aussi tenté d’expliquer à sa fille pourquoi ces courses n’étaient pas pour elles et leur famille.
« J’ai expliqué à ma fille pourquoi ces courses n’étaient pas pour nous mais pour des personnes dans un pays en guerre. »
Des produits distribués à la frontière en Moldavie
Les produits récoltés sur les sites de Bassecourt, Courrendlin, Corban et Roches (BE) seront transportés par camion jusqu’à un centre de collecte à Safnern, dans le canton de Berne. C’est Raphaël Habbeger qui se chargera de ces transports-là avec le camion de livraison de sa menuiserie. Vu la quantité de marchandises récoltées, plusieurs trajets semblent nécessaires : « On ne pensait pas que ça allait prendre une telle ampleur ! », se réjouit l’habitant de Corban. Ce dernier s’est approché d’ACP, une organisation d’aide pour les chrétiens persécutés et les personnes dans le besoin. Ce sera elle qui distribuera ensuite les dons en Moldavie, à la frontière de l’Ukraine, où arriveront les réfugiés. Des contacts sont déjà établis sur place. /ech










