Julien Lallau récolte de la marchandise depuis une semaine, afin de l'acheminer en Pologne d'ici mercredi. L'habitant de Courchavon a mis sur pied cette action unique en quelques semaines, pour aider les réfugiés ukrainiens
Des kilos et des kilos de vivres… et ce n’est pas fini. Depuis lundi dernier, Julien Lallau et plusieurs dizaines de bénévoles viennent à la rencontre des Ajoulots et récoltent des dons, pour les acheminer en Pologne. Dès le début de la guerre qui oppose l’Ukraine à la Russie, le trentenaire de Courchavon a eu envie de s’engager, à sa manière. L’idée de conduire jusqu’à la frontière ukrainienne pour y déposer des dons s’est vite imposée à lui : « Je n’ai jamais fait quelque chose de semblable mais maintenant que je suis indépendant, je peux organiser mon temps. Je n’avais rien à demander à personne… et je me suis dit que si l’envie était là, il ne fallait pas trop réfléchir », explique le trentenaire, qui a lancé le projet AjoieUkraine.
Généreux donateurs pour louer des camions
Julien Lallau s’est donc lancé tout seul, sans passer par une association, afin de pouvoir s’organiser à son rythme et prendre ses propres décisions. Or, tout ça demande beaucoup d’organisation. Toute la bonne volonté du monde ne suffit pas, lorsque l’on veut livrer des tonnes de marchandises à plus de 1'500 km : « L’objectif c’était de partir avec un camion. J’ai contacté une connaissance pour louer son véhicule, mais quand il m’a dit le prix, je lui ai dit que je n’étais pas sûr de pouvoir réunir cette somme. » Julien Lallau ne s’est pas découragé pour autant : « J’ai remué ciel et terre, j’ai passé beaucoup de coups de téléphone. Et grâce à la générosité de mes contacts, j’ai pu financer le premier camion le jour-même. Et le lendemain, j’ai loué un deuxième camion. »
Besoin de nourriture et de biens de première nécessité
Ca, c’est pour la partie logistique. Il a ensuite fallu que Julien Lallau détermine où acheminer les dons. Il ne connaissait personne en Pologne… Depuis le fin fond de l’Ajoie, il a toutefois réussi à trouver les bons interlocuteurs : « J’ai appelé l’ambassade de Suisse en Pologne. Mon interlocuteur m’a dirigé vers des gens du gouvernement polonais, avec qui j'ai pu définir deux zones de livraison », raconte l'habitant de Courchavon. Et tout s’est enchainé. Les dons ont afflué. Principalement des vêtements, ce qui n’a pas arrangé les affaires de Julien, puisque les directives sont claires : les dons d’habits sont suffisants, il s’agit désormais de préférer des dons de nourriture ou de produits de première nécessité (couches, brosse à dents, tampons, etc). Alors l'Ajoulot et les bénévoles qui se sont joints à lui n'ont gardé que quelques vêtements chauds pour les enfants ; le reste a été transmis à Caritas Jura.
Un voyage unique
Julien Lallau espère pouvoir remplir ses deux camions avec davantage de vivres d’ici à son départ. Une dernière récolte est en cours à l'Esplanade, à Porrentruy. Ils seront sept Jurassiens à faire le déplacement jusqu'à Korczowa et Medya en Pologne. Quant au retour, 6 jours plus tard, il se fera à vide. Julien Lallau ne prévoit pas de ramener de réfugiés ukrainiens avec lui : « Ca s’organise déjà bien au niveau officiel. C’est super que certaines personnes le fassent, mais nous on va rester sur notre idée de base : livrer du matériel. » L'Ajoulot ne prévoit pas non plus d’organiser d’autres livraisons de matériel après ce voyage : « Le problème c’est que je dois quand même travailler un peu à côté… Ce projet m’aura pris trois semaines, voire un mois. A mon retour, il faudra que je reprenne le boulot », admet-il en souriant. Il admet cependant que cette expérience lui aura beaucoup appris : à l’aube de son départ, Julien Lallau retient la générosité des Jurassiens et l’importance du travail d’équipe. /cto










