Gaël Monnerat est le président de la section romande de la faîtière depuis quelques jours. L’agriculteur de Mettembert met tout en œuvre pour protéger les intérêts des éleveurs de cochons. La filière souffre de plusieurs maux et est sous la menace d’un danger sanitaire
Les éleveurs de cochons en Suisse romande peuvent compter sur un Jurassien pour protéger leurs arrières. Depuis le 16 mars, Gaël Monnerat est président de la section romande de Suisseporcs, la faîtière de la filière porcine. Cet agriculteur de Mettembert a repris le poste détenu pendant neuf années par René Eicher. A 41 ans, il a senti le besoin de s’activer pour défendre les intérêts du secteur. Après avoir évolué comme rédacteur pour deux revues spécialisées, il a repris il y a deux ans une exploitation agricole dans le village vadais avec des membres de sa famille. Ensemble, ils gèrent un atelier d’engraissement de porcs qui accueille quelques 450 bêtes.
Tensions naisseurs-engraisseurs, surproduction et image
Au travers son métier, Gaël Monnerat aperçoit les spécificités du secteur porcin et les objectifs à relever en tant que nouveau président de Suisseporcs Romandie. « La production est souvent séparée en deux étapes. Vous avez des spécialistes de la naissance qui produisent des porcelets et des engraisseurs qui les rachètent, explique l’agriculteur vadais. Il y a toujours un antagonisme entre les deux et si on n’arrive pas à se mettre d’accord pour tirer à la corde dans le même sens… on ne s’en sortira pas », affirme-t-il. A cela s’ajoute une crise de surproduction. Gaël Monnerat indique que la filière en Suisse est « autosuffisante à plus 95% donc une très légère augmentation de la production a de fortes répercussions sur le prix ».
La filière porcine souffre aussi d’un déficit d’image auprès du grand public, avoue celui qui entend changer cela par une communication sur les réseaux sociaux et une campagne de marketing lancée en Suisse romande sous l’appellation Très fort le porc ! « Les porcheries actuelles ne sont plus ce qu’elles étaient il y a 30 ans en arrière. C’est loin aussi de ce que l’on voit passer sur internet. On prend soin de nos animaux ». Gaël Monnerat invite même les curieux à s’approcher d’un éleveur près de chez eux pour visiter une porcherie.
Gaël Monnerat donne les trois objectifs qu’il souhaite atteindre :
Maladie et consommation
Le nouveau défenseur des éleveurs de porcs en Romandie a aussi des défis à relever. Le premier est sanitaire et se trouve à quelques kilomètres seulement. « La peste porcine africaine est présente en Allemagne et en Italie. On sait qu’elle va venir. Le problème c’est de savoir quand », frissonne Gaël Monnerat. Pour atténuer les effets de cette épizootie transmise par les sangliers principalement et réduire les risques de contaminations chez les cochons, la faîtière anticipe. « On recommande d’isoler les porcheries pour que les animaux sauvages ne rentrent pas en contact avec les porcs. Des systèmes d’hygiène sont aussi mis en place dans les exploitations ».
Et puis les habitudes alimentaires changent. En près d’une décennie, les Suisses ont réduit d’environ 10% leur consommation de viande de porc, selon les chiffres de Proviande. Une tendance qui inquiète Gaël Monnerat. Mais l’agriculteur estime que cette baisse « est un peu contrebalancée par une plus forte demande de proximité ». Il se réjouit de constater que les consommateurs retournent dans les boucheries régionales. En tant qu’engraisseur, fournir en porcs les artisans du coin constitue pour lui une grande fierté, plutôt que de retrouver l’animal dans une barquette en grande surface. /nmy










