Trois collègues d’une entreprise ajoulote face à la justice

Stagiaire au moment des faits, le plaignant les accuse de lui avoir causé divers torts. La ...
Trois collègues d’une entreprise ajoulote face à la justice

Stagiaire au moment des faits, le plaignant les accuse de lui avoir causé divers torts. La défense balaie les dénonciations d’un revers de main

La justice jurassienne est occupée par une affaire relationnelle au travail (photo d'illustration). La justice jurassienne est occupée par une affaire relationnelle au travail (photo d'illustration).

Un stagiaire d’une entreprise ajoulote qui accuse trois collègues de travail de l’avoir fait souffrir : l’affaire qui a occupé le Tribunal de première instance mardi à Porrentruy. Trois prévenus doivent répondre de désagréments causés par la confrontation à un acte d’ordre sexuel, d’exhibitionnisme, de voies de faits, de lésions corporelles, d’injures, de diffamation et de menaces. Les faits se seraient déroulés entre l’été 2018 et le printemps 2019.

Le juge pénal David Cuenat a eu droit au grand écart. D’un côté, le stagiaire plaignant, sûr de lui et se présentant sans avocat. « J’ai dit la vérité. J’ai été la cible de ces trois personnes qui ont détruit ma confiance en moi. Elles doivent être condamnés. J’ai soif de justice ». De l’autre, les trois prévenus – superviseurs et responsable du plaignant dans l’entreprise – qui ont déclaré être choqués et tomber des nues face aux accusations formulées par leur ex-collègue. Le stagiaire s’est dit mal à l’aise face à certaines blagues, questions ou affirmations – parfois osées – prononcées au bureau. Il accuse aussi l’un des prévenus de lui avoir montré ses parties intimes et d’avoir touché les siennes. Faux, rétorque ce dernier, qui affirme n’avoir rien fait de mal et pouvoir se regarder dans un miroir. Les avocats de la défense ont emboîté le pas : l’ambiance était très bonne au bureau. Les vannes et les blagues traduisaient justement cette bonne atmosphère. « Le seul crime des prévenus, c’est d’avoir été sociables avec le plaignant, de l’avoir intégré au groupe », a déclaré Maître Olivier Vallat.

La défense a aussi mis l’accent sur les troubles de santé mentale et l’anxiété dont souffre le stagiaire. « Il y a de la déformation, de la fabulation et de l’imagination dans les faits », a dit Olivier Vallat. Les avocats ont également insisté sur les témoignages recueillis auprès des collaborateurs du bureau où travaillait le plaignant. Aucun d’entre eux n’a observé de comportement déplacé de la part des trois personnes incriminées, qualifiées de bons et dévoués collègues. La défense demande donc l’acquittement pur et simple des accusés, et des montants pour tort moral pour deux d’entre eux. « Je veux qu’on me rende mon honneur », a encore dit un prévenu. Par ailleurs, la plainte du stagiaire aurait été déposée après le délai légal de trois mois. Les faits seraient donc prescrits, selon les avocats.

Le jugement sera rendu à une date qui n’est pas encore connue. /rch


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