Trois scrutins fédéraux et un objet cantonal sous soumis au peuple jurassien le dimanche 15 mai. Les Suisses doivent se prononcer sur deux modifications de lois - celle sur le cinéma, dite lex Netflix et celle sur la transplantation - ainsi que sur Frontex, soit la reprise du règlement de l’Union européenne sur les garde-frontières et les garde-côtes. Les citoyens du canton doivent aussi se positionner sur l’initiative populaire « Les plaques moins chères ! ». Tour d’horizon des prises de positions des différents partis jurassiens.
La loi sur la transplantation est la plus rassembleuse
En ce qui concerne les trois objets fédéraux, celui qui fait le plus d’adhérents est la modification de la loi sur la transplantation. Elle est soutenue par le PDC, le PS, le PLR, les Verts, l’UDC, le PCSI, les Vert’libéraux et le CS-POP. Ces partis relèvent que le changement de paradigme qui introduit le principe du consentement présumé va contribuer à augmenter le nombre de dons d’organes pour sauver davantage de vies.
Seul le PEV appelle à voter « non ». Selon ses membres, il s’agit d’une décision trop importante qui nécessite une manifestation expresse de la volonté du défunt, de son vivant.
Le clivage gauche-droite se ressent pour la loi Frontex
Le PS, les Verts et le CS-POP ne veulent pas que la Suisse contribue de manière plus importante à l’Agence européenne des garde-frontières et des garde-côtes pour le contrôle des frontières extérieures de l’espace Schengen. Ils veulent ainsi montrer leur désaccord avec les méthodes de cette institution qui bafoue, de leur point de vue, les droits humains. Pour les six autres partis, ainsi que pour la Chambre de commerce et d'industrie du Jura, il est au contraire important que la Suisse prenne sa part dans le processus décisionnel qui régit cette Agence Frontex. Il faut aussi éviter de mettre à mal sa collaboration avec les Etats Schengen et Dublin.
Des voix s’élèvent de droite contre la lex Netflix
L’UDC et le PLR appellent à voter « non » à la modification de la loi sur le cinéma. Celle-ci prévoit que les services de streaming doivent eux aussi investir 4% du chiffre d’affaires qu’ils réalisent en Suisse dans la création cinématographique suisse. Pour les opposants, le cinéma indigène représente un marché de niche qui est déjà assez subventionné. Il n’est ainsi pas souhaitable qu’une taxe supplémentaire soit introduite, en sachant qu’elle se répercutera au final sur les utilisateurs des différentes plateformes. Pour les autres formations, partisanes de la révision, celle-ci renforcera la création cinématographique helvétique et contribuera à la diversité culturelle de l’offre numérique.
Les avis divergent sur l’initiative populaire « Les plaques moins chères ! »
Le niveau de prix de la taxe sur les véhicules est perçu comme trop élevé par les initiants. Ils demandent que le mode de calcul soit modifié dans le but de s’approcher de la moyenne suisse par catégorie. Et les avis divergent. Le PDC, l’UDC, les Vert’libéraux et la CCIJ soutiennent le texte. Ils estiment que les Jurassiens ne devraient pas payer plus que les autres Suisses et qu’il n’est pas correct que le montant encaissé ne retourne pas entièrement aux infrastructures routières. De leur côté, le PS, les Verts et le CS-POP appellent au rejet de l’initiative. D’après eux, elle ne tient pas assez compte des enjeux climatiques et aura un impact négatif sur les finances de l’État. Enfin, partagés, le PLR, le PCSI et le PEV laissent la liberté de vote à leurs membres pour cet objet. /comm-emu










