La sortie de crise n’a visiblement pas résolu tous les problèmes dans la restauration. Outre les prêts Covid à rembourser, la branche fait aussi face à une pénurie de main-d’œuvre, tout comme l’hôtellerie ou encore le secteur de l’informatique selon les derniers indicateurs du marché de l’emploi. Dans le Jura, certains établissements peinent en effet à trouver du personnel. « Ce sont surtout les cuisiniers professionnels qui manquent dans notre région. Certains établissements ont décidé de fermer le dimanche car ils n’ont plus assez de personnel pour ces jours-là. Cette pénurie se stabilise un peu mais il y a encore des perturbations. Il nous manque surtout des candidats formés », confirme le président de Gastro Jura Maurice Paupe.
« Ceux qui ont quitté la branche se sont rendus compte qu’il y avait des soirs et dimanches libres »
Le service de l’économie et de l’emploi relève en effet que le nombre de demandeurs d’emploi pour la branche hôtellerie-restauration a tendance à baisser ces derniers mois. Ceux qui avaient été licenciés durant la crise ont été vite repris. D’autres en revanche se sont réorientés et semblent avoir trouvé un certain confort dans une autre branche tente de décrypter Maurice Paupe. « Ceux qui sont partis de notre secteur se sont rendus compte qu’il y avait des soirs de congés, des dimanches libres, et que c’est quand même intéressant ! Mais le phénomène principal, c’est celui de l’insécurité de l’emploi dans la restauration pendant ces deux années durant lesquelles on ne savait pas où on allait. Ne pas connaître l’avenir de notre secteur, c’est un facteur prépondérant », analyse le patron de Gastro Jura.
« Des effectifs stables dans la formation », explique Clément Schaffter
La pénurie de main-d’œuvre pourrait cependant n'être que temporaire, les rangs de la formation restant par exemple satisfaisants. « Les effectifs sont tables avec chaque années une quinzaine d'apprentis qui débutent la formation de cuisinier et la pandémie n'a pas eu d'effet sur ce chiffre. En revanche tous ne vont pas au bout, 40% abandonnent en cours de formation face aux contraintes du métier », explique Clément Schaffter, chef de section au Service de la formation postobligatoire. Mais la branche de l'hôtellerie-restauration espère ne pas avoir à attendre sur les futures recrues mais que « son » marché de l’emploi se décantera avant la grande saison estivale. /jpi









