Des faits prescrits et des doutes qui subsistent

Trois collègues de travail étaient accusés par un stagiaire de l'entreprise où ils travaillent ...
Des faits prescrits et des doutes qui subsistent

Trois collègues de travail étaient accusés par un stagiaire de l'entreprise où ils travaillent de comportements inadéquats, parfois à caractère sexuel. Ils ont été libérés de l'ensemble des charges qui pesaient contre eux jeudi

Les trois prévenus ont été libérés de la totalité des charges qui pesaient contre eux. (Photo : archives) Les trois prévenus ont été libérés de la totalité des charges qui pesaient contre eux. (Photo : archives)

Une affaire de mœurs en entreprise qui se termine sans condamnation. Le juge David Cuenat a rendu son jugement jeudi après-midi. L’affaire avait occupé le tribunal de première instance à Porrentruy au début du mois de mai. Trois collègues de travail étaient accusés par un stagiaire de l’entreprise de comportements inappropriés. Ils étaient accusés de confrontation à un acte d’ordre sexuel, d’exhibitionnisme, de voies de fait, de lésions corporelles, d’injures, de diffamation et de menaces. Finalement, les trois prévenus ont été libérés de toutes les accusations. Une partie des faits étaient prescrits et difficiles à établir. Quant aux autres accusations, notamment les lésions corporelles, tous les doutes n’ont pas pu être effacés.


Les prévenus n'avaient pas l'intention de nuire au plaignant

Le juge David Cuenat a mis en opposition les déclarations parfois contradictoires du plaignant avec les dires concordants des prévenus et des témoins. De plus, contrairement à ce qu'il a déclaré durant l'audience, le plaignant souffrait d’une pathologie avant d’entrer dans l’entreprise. Cette maladie le rendait anxieux et sensible. Selon le juge, ceci aurait pu le pousser à extrapoler certaines blagues de ses collègues. Là où ces derniers ne voyaient que des plaisanteries, « plus bêtes que méchantes » aux yeux du magistrat, le plaignant pouvait y voir des attaques personnelles. Des faits dont le plaignant était convaincu, selon le juge, mais qui ont peut-être été exagérés. Selon le magistrat, qui se base sur les témoignages entendus à l’audience, les plaisanteries graveleuses des prévenus ne s’adressaient pas plus au plaignant qu’aux autres employés de l’entreprise et n’avaient pas pour objectif de blesser. À la lumière des faits établis, selon le juge David Cuenat, on ne peut objectivement pas dire que le comportement des prévenus a aggravé la situation psychologique du plaignant. Ce dernier a dix jours pour faire appel du jugement. Le juge David Cuenat a en outre refusé la demande de deux des trois prévenus d’une indemnité pour tort moral. Quant aux frais judiciaires, ils seront à la charge de l’État. /tna


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus