Baisse des batraciens à la Gruère

Les amphibiens sont moins nombreux à avoir été sauvés ce printemps autour de l’étang et dans ...
Baisse des batraciens à la Gruère

Les amphibiens sont moins nombreux à avoir été sauvés ce printemps autour de l’étang et dans le canton. La tendance inquiète les spécialistes qui réfléchiront à des mesures

Pour rejoindre leurs lieux de reproduction, les batraciens traversent parfois la route et risquent d'être écrasés. (Photo : Parc du Doubs).  Pour rejoindre leurs lieux de reproduction, les batraciens traversent parfois la route et risquent d'être écrasés. (Photo : Parc du Doubs). 

Les batraciens se sont faits rares cette année à l’étang de la Gruère durant la période de migration. La baisse s'explique notamment par l’impact des canicules 2018 et 2019 sur les juvéniles et par le recul de la masse d’insectes. Depuis plusieurs années, une barrière est installée le long de la route qui longe l'étang de la Gruère, afin de protéger les amphibiens des dangers de la circulation routière lorsqu’ils rejoignent le plan d’eau au printemps. « Avec 1138 spécimens sauvés, 2022 est l’année la plus basse depuis le début des relevés en 2014 », a indiqué lundi le Parc du Doubs.

En 2021, une tendance à la baisse (1512 batraciens) avait déjà été enregistrée alors que plus de 2000 amphibiens avaient été aidés dans leur migration les années précédentes. « Le constat est d’autant plus préoccupant que l’étang de la Gruère est un site d’importance nationale pour la reproduction des batraciens », a ajouté le Parc du Doubs.

Installée de mars à la mi-mai le long de la route, la barrière à batraciens permet aux crapauds, grenouilles et autres tritons de rejoindre l’eau sans risque pour s’y reproduire. Pour le spécialiste de l'environnement Edouard Roth, il est peu probable que des batraciens aient migré avant la pose des barrages, car la saison hivernale a été très marquée et la neige fortement présente sur le site.

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La barrière à batraciens leur permet de rejoindre le plan d'eau sans risque. (Photo : Parc du Doubs) La barrière à batraciens leur permet de rejoindre le plan d'eau sans risque. (Photo : Parc du Doubs)

Déclin dans tout le canton

Selon l'expert, le déclin des populations de batraciens peut s’expliquer par l’impact des canicules 2018 et 2019 sur les juvéniles et par la baisse de la quantité de nourriture à disposition pour ces espèces, notamment la diminution de la masse d’insectes. Edouard Roth souligne également que la baisse du nombre de batraciens, en particulier de la grenouille rousse, s’observe dans tout le canton du Jura.

Dans les semaines à venir, le Centre nature Les Cerlatez, l’Association des naturalistes francs-montagnards et les services cantonaux concernés vont réfléchir à d’éventuelles adaptations du dispositif de protection pour les années à venir afin de tenter d’enrayer la tendance. /ATS


 

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