Bilan réjouissant et perspectives mitigées pour l’Interprofession du Gruyère

La filière du gruyère AOP a tenu mardi à Grandson son assemblée des délégués. L’occasion de ...
Bilan réjouissant et perspectives mitigées pour l’Interprofession du Gruyère

La filière du gruyère AOP a tenu mardi à Grandson son assemblée des délégués. L’occasion de faire le point sur l’année écoulée et de revenir sur quelques dossiers chauds tels que les démêlés judiciaires aux Etats-Unis

En 2021, presque 32'000 tonnes de fromage ont été vendues.(Photo : KEYSTONE/Jean-Christophe Bott) En 2021, presque 32'000 tonnes de fromage ont été vendues.(Photo : KEYSTONE/Jean-Christophe Bott)

Une année de compromis se dessine en 2022 pour l’Interprofession du Gruyère (IGP). L’IGP a réuni ses délégués mardi à Grandson pour notamment revenir sur son activité en 2021 et procéder à des élections statutaires. La filière, qui fêtera ses 25 ans cette année, aura un président neuchâtelois en la personne de Pierre-Ivan Guyot, actuel chef du Service de l’agriculture du canton de Neuchâtel. Ce fut également l’occasion de discuter de plusieurs dossiers évoqués ces derniers mois : hausse du prix du lait, décision judiciaire américaine et traite robotisée, entre autres.

« 2021 a été une excellente année pour le gruyère suisse, dans la continuité de 2020 », a affirmé Philippe Bardet. Le directeur de l’IGP a relevé l’effet « positif » de la pandémie de Covid sur les ventes, car, selon lui, les gens qui cuisinent à domicile utilisent plus volontiers des produits de qualité. Ainsi, la production a franchi l’année passée la barre des 33'000 tonnes. Les ventes ont frôlé, elles, les 32'000 tonnes.

Philippe Bardet explique les effets positifs de la pandémie sur la vente du gruyère :

Dans le rayon des bonnes nouvelles, les producteurs de fromage pourront compter en septembre sur une augmentation du prix du lait, après « d’âpres » négociations. Celui-ci augmentera de 4,9 centimes par kilogramme pour se situer à 93,95 ct/kg.

Mais tout n’est pas rose pour la filière du fromage suisse le plus connu. En début d’année, une décision de justice aux Etats-Unis permettait aux producteurs américains de produire et vendre leur fromage sous l’appellation « gruyère » en dépit de sa provenance, rendant ainsi le terme générique. L’IGP a fait appel de cette décision, même si elle reste sceptique quant à une issue favorable.

Philippe Bardet a peu d'espoir quant à une résolution favorable pour l'IGP :

Enfin, 2022 sonne le glas de la traite robotisée dans la production du gruyère. Cette technique est soupçonnée de rancir le fromage. Une décision demandant son abandon avait été prise le 2 juillet 2012. Les producteurs avaient dix ans pour s’y conformer.


Nuages à l’horizon

Après des années record en 2020 et 2021, les perspectives ces prochains mois s’annoncent plus modestes. Le premier trimestre 2022 a enregistré un recul des exportations d’environ 10%. « L’Europe tourne au ralenti avec la guerre en Ukraine, et le renchérissement n’est pas propice à la consommation », constate Philippe Bardet. Il n'y a guère que les ventes aux Etats-Unis qui maintiennent le cap et permettent de limiter la casse. /dsa


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