Trois associations ont fait part de leurs inquiétudes ce lundi. Les retards engendrés par les nombreuses oppositions pénalisent l’économie régionale et risquent de réduire son attractivité
Les milieux économiques tirent la sonnette d’alarme concernant le développement de la 5G dans le Jura. Notre canton prend trop de retard, selon eux, en raison des nombreuses oppositions à la construction de nouvelles antennes ou à celles existantes. La Chambre de commerce et d’industrie du Jura (CCIJ), la Fédération des entreprises romandes de l’Arc jurassien (FER-Arcju) et la section jura de l’Union professionnelle suisse de l’automobile (UPSA) ont tenu lundi une conférence de presse pour faire part de leurs inquiétudes. Ces associations ont adressé un courrier aux députés et aux exécutifs communaux. Elles demandent au monde politique d’adopter une position claire et de créer un climat moins émotionnel par le biais d’arguments objectifs.
Le directeur de la CCIJ, Pierre-Alain Berret, a estimé que la situation devenait inquiétante. Il l’a comparée à la surcharge observée sur les autoroutes, sachant que le volume de données transmises par le biais de la téléphonie mobile double tous les un an à un an et demi. « Si vous avez une infrastructure autoroutière sur laquelle le trafic est multiplié chaque année, à un moment donné, il y a des embouteillages permanents », indique Pierre-Alain Berret. Selon lui, des saturations passagères ont déjà été observées à la patinoire de Porrentruy lors de matches avec de nombreux spectateurs.
Pierre-Alain Berret : « On constate de nombreux blocages, des installations qui ne se font pas »
Le président de la Fédération des entreprises romandes de l’Arc jurassien, Vincent Gigandet, a expliqué que le développement de la 5G était un véritable atout pour le canton du Jura. La tendance allant vers davantage de télétravail nécessite un réseau de qualité, selon lui. Vincent Gigandet précise qu’il n’est pas possible de compter entièrement sur la fibre optique, notamment dans les villages et hameaux excentrés.
Tous les secteurs touchés
Les différents intervenants ont insisté sur le fait que tous les domaines de l’économie avaient besoin de cette technologie de téléphonie mobile. L’industrie est particulièrement concernée. Vice-président de la CCIJ et codirecteur de la société Willemin-Macodel, Olivier Haegeli a indiqué que de nombreuses évolutions technologiques n’étaient pas décidées par les entreprises elles-mêmes, mais par les fournisseurs. « Ils travaillent sur des protocoles 5G. À un moment donné, la technologie d’aujourd’hui va devenir obsolète », ajoute-t-il.
Avec la conduite autonome et les nouvelles normes en matière de sécurité, le marché automobile n’est pas épargné par le développement de la 5G. Charly Rossé, garagiste à Delémont et vice-président de l’UPSA Jura, a expliqué que les marques imposaient aux garages un certain débit minimal pour pouvoir effectuer diverses mises à jour sur les voitures.
Charly Rossé : « Les connexions doivent être fiables et très rapides »
La 5G occupe donc les débats, mais les représentants des trois associations économiques ont souligné que la technologie 7G était déjà parfois demandée aux États-Unis. /alr









