Ce n’est pas la Provence, mais Mettembert a aussi sa lavanderaie. Celle-ci a livré sa première récolte il y a deux semaines sur les hauteurs de la Vallée de Delémont. Et pour la première fois en Suisse, c’est du lavandin qui a été cueilli. Aurélie Chèvre avait semé 4'800 plants sur une surface de 4'000 m2 de cette sorte de lavande fin septembre. À la base, la première récolte n’était pas attendue avant l’année prochaine, mais une erreur dans la variété semée a finalement changé les plans. Un mal pour un bien, selon Aurélie Chèvre : « Nous étions censés avoir de la lavande, mais il y a eu un quiproquo entre l’horticulteur et le grainier et nous n’avons pas vu à la plantation que nous avions du lavandin, qui est un mélange hybride de deux sortes de lavande. Au final, nous retrouvons des propriétés de la lavande, mais aussi d’autres propres au lavandin. Nous sommes contents et nous allons continuer avec cela ».
Une belle première récolte
Aurélie Chèvre se dit satisfaite de cette première récolte en termes de quantité et de qualité. Elle a pu emmener 240 kg de lavandin dans une distillerie valaisanne. Il en a été extrait 2,5 litres d’huile essentielle et 90 litres d’hydrolat. C’est le résultat d’un travail de longue haleine. Afin d’avoir une culture bio, il a fallu désherber le terrain à la main toutes les trois semaines depuis le mois d’avril et parfois faire preuve d’imagination et recourir au système D. « Nous ne sommes pas une exploitation maraichère, donc on apprend en même temps qu’on connait la plante. Par exemple pour la plantation, on a loué une machine de maraichage qu’on a adapté. Et pour la récolte, nous n’avons pas de lavandicultrice, donc on a essayé de faire avec les outils que nous avions et nous avons utilisé une motofaucheuse », poursuit Aurélie Chèvre.
Un travail d'entretien conséquent
C’est désormais la phase de commercialisation qui va commencer. L’huile essentielle et l’hydrolat de lavandin seront disponibles en vente directe à la ferme familiale à Mettembert. Aurélie Chèvre va aussi effectuer une formation d’herboriste afin de confectionner, notamment, des produits cosmétiques comme du savon avec le lait de l’exploitation, ainsi que du baume avec la production maison d’huile de colza. Elle a aussi conservé une partie de sa récolte pour en faire des sachets de lavandin, des bouquets ou encore des infusions. /emu










