La canicule de ces dernières semaines a fait souffrir les cigognes. Alors que les volatiles sont actuellement en plein processus de migration, ils ont dû faire face, eux aussi, aux grosses chaleurs, ce qui a occasionné quelques pertes parmi leurs nichées bruntrutaines, selon le biologiste jurassien Michel Juillard. Selon lui, près de 5% des couples de cigognes ont vu certains de leurs petits mourir déshydratés : « Les parents n’arrivaient pas à leur apporter suffisamment d’eau dans les nids. » Les adultes quant à eux semblent supporter les chaleurs, puisqu'ils autorégulent leur température (notamment en laissant de la fiente sur leur patte, pour éviter de transpirer) et boivent dans les cours et autres points d'eau.
Trente kilomètres pour se nourrir
Or, le manque de nourriture pèse sur la population adulte. « On voit une perte importante de la biodiversité. Les cigognes ont dû faire cette année des déplacements de plus de trente kilomètres pour se nourrir, alors que les années précédentes, elles n’avaient qu’à descendre de leur nid », explique Michel Juillard. Il ajoute qu'il n'avait jamais vu de déplacements aussi longs de la part de cigognes adultes en période de reproduction. La situation, si elle perdure, pourrait peser sur la population : sans nourriture à proximité, de plus en plus de petits cigogneaux viendraient à mourir. La pluie est donc primordiale pour favoriser la reproduction des insectes et autres mammifères, qui constituent l'essentiel des repas des cigognes.
Traumatismes crâniens à cause de la grêle
Fait surprenant : plusieurs oiseaux ont aussi été blessés cet été à cause des violents orages, qui ont touché l'Ajoie. Cinq cigognes ont été retrouvées assomées par la grêle, selon Michel Juillard. Trois d'entre elles sont mortes. « Je n’avais jamais vu ça. Les cigognes ont subi des traumatismes crâniens, certaines sont décédées de leurs blessures. On a pu en sauver deux, l’une d’elle a perdu l’usage de ses jambes pendant une journée mais on a pu la relâcher le lendemain. L’autre est toujours soignée et on ne sait pas si elle pourra revoler », raconte le biologiste jurassien.
A noter que les cigognes ont commencé leur migration, qui devrait se poursuivre jusqu'à la mi-août. /cto











