Chasseurs et Pro Natura Jura ne sont pas du même avis en ce qui concerne la gestion de la population du Rupicapra rupicapra (c’est son nom). Alors que leur chasse débute samedi dans le Jura, les premiers veulent en prélever plus, l’association moins
Avant de lever le chamois, c’est le débat qui sort du bois en ce qui concerne la régulation de sa population. Les chasseurs jurassiens sont à l’affût dès ce samedi et durant tout le mois de septembre pour tenter de coincer ce bovidé (Rupicapra rupicapra). Ils ont l’autorisation d’en prélever 64. La Fédération cantonale jurassienne des chasseurs estime qu’il serait d’ailleurs nécessaire de prélever plus de têtes à l’avenir. La FCJC observe un accroissement des effectifs du chamois dans le canton, un comptage a eu lieu en mars sur quelques zones et 198 chamois distincts ont été dénombrés en une journée. Une proportion stable, mais qui pourrait, selon les chasseurs jurassiens, occasionner des problèmes, notamment d’abroutissement (dommage causé par la consommation des bourgeons des jeunes arbres) et de régénération des forêts protectrices sur les crêtes.
La FCJC critique une étude de Pro Natura Jura et juge que la population du chamois se porte très bien, alors que « les chamois n’ont jamais été aussi nombreux dans le Jura ». Nicolas Wallimann, président de la fédération, apporte des preuves observées sur le terrain : « des régions comme l’Ajoie sont aujourd’hui colonisées par le chamois, ce qui n’était pas le cas ces dernières années. De plus sur l’arête des Sommêtres, il y a une telle population que ça pose problème pour la flore ». Selon le Bruntrutain, « Pro Natura a travaillé derrière un ordinateur pour évaluer un cheptel virtuel ». Il estime qu’il faut poursuivre avec « une gestion raisonnée de l’Office de l’Environnement et des chasseurs, mais qu’il faudra augmenter le nombre de prélèvements à l’avenir ».
Les arguments de Nicolas Wallimann à la FCJC...
Pour Pro Natura, c’est l’inverse qui se passe
Pour Pro Natura Jura, au contraire, la population de chamois est sur le point de décroître sur le territoire. Gauvain Saucy, membre de l’association de protection de la nature, a mené une étude, se basant sur les chiffres cantonaux, à ce sujet. Dans ses conclusions, le biologiste franc-montagnard prône une « amélioration de la gestion de la chasse de cette espèce ». Il estime que les effectifs de ce bovidé sont très éloignés d’un équilibre naturel. Pro Natura propose un moratoire sur cette pratique et que « des mesures soient prises le plus tôt possible afin d’inverser la tendance ».
Gauvain Saucy explique avoir utilisé, pour l’étude, « les chiffres du canton qui servent à établir les quotas de tirs. Donc la gestion de la chasse et ces chiffres ne sont pas cohérents ». Il précise que « la chasse servait à remplacer la fonction écologique de régulation de la population de chamois, mais les grands prédateurs sont aujourd’hui de retour dans la région. Donc il n’y a en a plus besoin actuellement ».
... et ceux de Gauvain Saucy de Pro Natura Jura :
En ce qui concerne les problèmes d’abroutissement, Gauvain Saucy prend l’exemple du Parc national suisse où « la chasse du chamois a été arrêtée du jour au lendemain et au contraire, ça homogénéise l’abroutissement et pose moins de problèmes ». /lbe









