L’histoire méconnue du camp pour réfugiés juifs à Bourrignon

Comme d’autres dans la région, le village du Haut-Plateau a accueilli des réfugiés juifs durant ...
L’histoire méconnue du camp pour réfugiés juifs à Bourrignon

Comme d’autres dans la région, le village du Haut-Plateau a accueilli des réfugiés juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Une histoire oubliée relatée lors d’une conférence dimanche à la synagogue de Delémont

Le village de Bourrignon a accueilli 100 à 150 juifs durant la deuxième guerre mondiale. (Photo: archives) Le village de Bourrignon a accueilli 100 à 150 juifs durant la deuxième guerre mondiale. (Photo: archives)

Le camp pour internés juifs de Bourrignon a marqué le village. Entre 1942 et 1944, des baraquements ont accueilli 100 à 150 hommes orthodoxes qui fuyait la guerre sur la commune du Haut-Plateau. Une conférence a lieu dimanche à 16h à la synagogue de Delémont. Marianne Becker, présidente de l’association des amis de la synagogue de Delémont, se base sur les archives de Charles Schoppig commerçant à Delémont et de Vladimir Halpérin de Genève, ainsi que sur divers témoignages pour relater l’histoire de ce camp de réfugiés, restée méconnue. Marianne Becker précise que « ces juifs, tous orthodoxes, à Bourrignon, avaient demandé le droit d’asile en Suisse, ils n’étaient donc pas là illégalement. Ils avaient entre 16 et 60 ans, dormaient dans des baraquements et travaillaient, notamment des travaux de terrassement ».

Le camp était situé à Bourrignon « parce que l’emplacement est proche de la frontière, et éloigné des centres urbains, ce qui permettait d’avoir un certain contrôle », explique Marianne Becker. Elle raconte aussi que ces réfugiés « se sont mêlés à la population notamment pour acheter de la nourriture et lors des soirées cinéma, une fois par mois. Des liens se sont donc tissés et il y avait une ambiance très positive dans le village ! ».

Ce camp était peu connu, même à Delémont, à une dizaine de kilomètres de là, les gens ne savaient pas forcément qu’il existait. Marianne Becker explique que c’était un secret militaire et que les connexions entre un petit village sur les hauteurs comme Bourrignon et la ville étaient très restreintes.

Il y avait au total 105 camps en Suisse, dont plusieurs dans la région par exemple au Chaluet, à Bassecourt, à Tramelan ou aux Enfers. /lbe


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