Le décès périnatal, ce tabou à briser

Un nouveau groupe de travail pluridisciplinaire est né dans le Jura pour sensibiliser à ce ...
Le décès périnatal, ce tabou à briser

Un nouveau groupe de travail pluridisciplinaire est né dans le Jura pour sensibiliser à ce triste événement fréquent et pour aider les familles qui en sont victimes

Un nouveau groupe de travail souhaite sensibiliser sur le décès périnatal et aider les familles qui en sont victimes. (Photo libre de droits). Un nouveau groupe de travail souhaite sensibiliser sur le décès périnatal et aider les familles qui en sont victimes. (Photo libre de droits).

C’est une épreuve de la vie par laquelle passe une grande partie de la population : jusqu’à un quart des grossesses se terminent en fausses-couches dans le Jura. Ce chiffre a été articulé récemment par un groupe de travail pluridisciplinaire nouvellement formé dans le Jura. S’ajoutent encore les décès périnataux liés à des interruptions de grossesses volontaires ou à cause de maladies, notamment. Formé de professionnels de l’Hôpital du Jura, de membres de l’Eglise réformée, du Jura pastoral, de l’association AGAPA, ainsi que de deux femmes qui ont vécu un décès périnatal (ndlr : décès pendant la grossesse ou dans les jours qui suivent la naissance), cette nouvelle entité a pour objectif de parler de ce phénomène pour briser le tabou qui l’entoure et de fournir de l’aide aux parents pour surmonter une telle épreuve.


Action, réaction

Le groupe a commencé son travail il y a quelques mois. Il a rencontré des familles et des associations pour se rendre compte de la réalité du terrain. Le rapport qui s’en est suivi a fait état de grandes souffrances parmi les personnes concernées, souffrances qui ressurgissent parfois des années plus tard. Il a aussi constaté un certain tabou qui entoure ces tragédies, les proches de victimes ayant parfois peur d’aborder le sujet. Du coup, les membres du nouveau groupe de travail ont décidé de proposer une conférence de la psychologue et auteure parisienne Florence d’Assier de Boisredon pour informer et sensibiliser. Cet événement aura lieu le mardi 20 septembre à 20h au Centre St-François à Delémont. Une célébration œcuménique sera aussi organisée pour les parents d’enfants partis pendant la grossesse ou à la naissance. Celle-ci se déroulera le samedi 8 octobre à 16h à la Chapelle de Develier-Dessus.


L’H-JU au chevet des parents

L’Hôpital du Jura a mis en place il y a plusieurs années un dispositif pour accompagner les familles touchées par cette tragédie, ainsi que pour les mamans qui accouchent d’un enfant décédé. Pour les parents qui le veulent, il est possible de voir l’enfant habillé, d’obtenir une empreinte de son pied ou de sa main, ainsi que des photos, ou encore d’organiser un enterrement à partir de 13 semaines de grossesse. Pour Julie, qui a vécu une interruption de grossesse pour cause de maladie de son enfant, ces démarches ont été précieuses pour accompagner le deuil : « On ne peut pas se rendre compte de ce que c’est… c’est une épreuve terrible de rentrer à la maison sans rien après un accouchement », s’exclame, encore émue, cette mère de famille de 35 ans. Si elle reconnait que les douleurs physiques et psychologiques ont été immenses, elle souligne que les aides qu’elles a obtenues l’ont beaucoup aidé, à commencer par l’enterrement qui a permis d’afficher la tristesse – et ainsi briser un peu le tabou - et de rendre hommage à cet enfant. Mais le chemin ne s’arrête pas là… l’Hôpital du Jura guide ensuite les mamans et les papas vers des professionnels capables de les encadrer pour surmonter de telles tragédies. Et Julie en est la preuve parfaite, c’est possible. /mle


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