Le Mouvement jurassien de soutien aux sans-papiers a lancé une campagne, « Violence sexiste et droit d’asile », dont le point d'orgue aura lieu samedi 1er octobre, à Delémont
Plusieurs associations jurassiennes et suisses se retrouveront cette semaine pour lutter contre les violences sexistes. Le Mouvement jurassien de soutien aux sans-papiers a lancé une campagne, « Violence sexiste et droit d’asile », dont le point d'orgue aura lieu samedi 1er octobre, à Delémont. Une manifestation est prévue, en présence de divers acteurs de la lutte contre les violences sexistes, l'association Mel, Juragai, la Grève des femmes Jura, ou encore l'association Solidarité sans Frontières.
Faire entendre la voix des victimes
La présidente du Mouvement jurassien de soutiens aux sans-papiers, Caroline Meijers, travaille sur ce projet depuis six mois, pour faire entendre la voix -souvent tue- des victimes de violences sexistes. Elle évoque notamment le cas d'une de ses amies, immigrée, qui a été victime d'agressions et de violences en raison de son genre et de son orientation sexuelle. « Plusieurs personnes vivent la même chose, dans le Jura ou ailleurs, et c’est pour défendre leurs droits que nous nous engageons », ajoute Caroline Meijers. Des témoignages seront délivrés samedi, lors de la manifestation, mais aussi jeudi soir, lors d'une conférence de Sophie Guignard au Musée jurassien d'art et d'histoire de Delémont.
Des discriminations liées au genre et à l'orientation sexuelle
La secrétaire générale de Solidarité sans Frontières et membre de Feminist Asylum interviendra notamment pour évoquer les discrimations de genre mais aussi les manques qui persistent en matière de protection des femmes migrantes, d'autant plus lorsqu'elles appartiennent à la communauté LGBTIQA+. Sophie Guignard expliquera, sur l'appui de témoignages documentés par Feminist Asylum, que la violence sexuelle a souvent cours sur le chemin de l'exil : « Or, ce qui se passe sur la route de l'exil n'intéresse absolument pas les auditeur-ices du SEM, qui se prononcent sur le sort des personnes qui viennent demander l'asile en Suisse. Ainsi, une femme qui a subi des violences sexuelles sur le chemin, ou qui a été prise dans un réseau de traite des femmes dans un des pays de l'espace Schengen, risque d'être renvoyée dans ce pays en vertu des Accords de Dublin. »
« On a de grandes lacunes dans la défense des femmes migrantes et des personnes LGBTQIA+ »
Pour Sophie Guignard, les autorités font preuve de lacunes, c'est pourquoi la société civile intervient : « Des personnes courageuses, des femmes, des personnes queers, décident de se mettre ensemble pour lutter pour le droit des autres personnes… pour ce qui est arrivé à certaines d’entre elles n’arrive plus. »
La conférence de Sophie Guignard aura lieu jeudi 29 septembre à 20h au Musée jurassien d'art et d'histoire. D'autres intervenants seront aussi présents pour évoquer les violences sexistes. Une manifestation autorisée aura aussi lieu samedi 1er octobre à 14 heures, devant la gare à Delémont. /cto









