Des apprentis de la Confédération s’imprègnent du Jura

Une cinquantaine de jeunes apprentis passent une semaine d’immersion dans le canton afin de ...
Des apprentis de la Confédération s’imprègnent du Jura

Une cinquantaine de jeunes apprentis passent une semaine d’immersion dans le canton afin de se confronter aux minorités linguistiques et spécificités des différentes régions

Des apprentis de la Confédération ont visité les ateliers d'horlogerie de la division technique du CEDEJ à Porrentruy. Des apprentis de la Confédération ont visité les ateliers d'horlogerie de la division technique du CEDEJ à Porrentruy.

Et si former un bon fonctionnaire fédéral passait par une visite dans le Jura ? Un projet pilote d’immersion des apprentis de la Confédération vise justement à cette découverte des spécificités des différentes régions. Et c’est dans le Jura qu’une cinquantaine de ces apprentis ont posé leurs valises cette semaine pour se retrouver au contact de la langue française, mais aussi d’une économie régionale parfois méconnue. La déléguée fédérale au plurilinguisme reconnaît que le Jura est l’endroit idéal pour tordre le cou à certains clichés. « Le Canton du Jura est souvent perçu à Berne comme une région périphérique. On a donc choisi un lieu qui puisse ouvrir le regard mais aussi changer les idées de l’administration fédérale à l’égard d’une région périphérique qui se montre en réalité être à la pointe des activités industrielles et technologiques, alors qu’à Berne on pense parfois qu’il n’y a que des chevaux et la nature », lâche Nicoletta Mariolini.

Reportage

Les apprentis ont visité des entreprises, le Musée jurassien d’Art et d’Histoire, le laboratoire souterrain du Mont-Terri ou encore les ateliers d’horlogerie de la division technique du CEJEF à Porrentruy où RFJ les a rencontrés. « Je pense que c’est important pour une fonctionnaire suisse de connaître la culture de la Suisse », confie Justin, en français dans un effort remarquable, jeune bernois qui se destine à devenir médiamaticien au sein du Département de l’environnement. « On nous a beaucoup parlé du Jura, de la culture, de la façon dont le canton s’est créé », explique Nail qui vient de Bienne. « Cette ouverture d’esprit me servira dans le futur », confie ce futur polygraphe de l’Office fédéral de la statistique.


De plus en plus de bilinguisme dans le Jura

Un pas vers le voisin, vers la culture de « l’autre » qui vaut aussi pour les Jurassiens. Sans faire offense à l’histoire cantonale, fini le temps d’être des irréductibles Jurassiens fièrement affranchis de la langue allemande, défend le ministre de la Formation Martial Courtet. « C’est vrai que l’on a été des générations fières de dire qu’on ne parle pas la langue de nos adversaires ! Mais on est désormais dans une autre approche. On fait beaucoup plus d’échanges au niveau de l’école obligatoire, les sessions bilingues sont en augmentation, on a doublé les effectifs de la maturité bilingue, etc. C’est une demande aussi qui nous vient du terrain, des entreprises », confie Martial Courtet.

Martial Courtet : « On a été des générations fières de ne pas parler allemand, on est désormais dans une autre approche »

« Nos entreprises demandent des compétences linguistiques »

Un atout, et même une exigence, confirmée par le directeur de la chambre de commerce et d’industrie du Jura, Pierre-Alain Berret. « Géographiquement, on est proche des régions bâloises et soleuroises et nos entreprises ont des interactions régulières avec ces régions. Et nous avons une industrie exportatrice vers le monde entier ! On est donc très demandeurs de compétences linguistiques, mais de compétences pratiques. On ne demande pas forcément de savoir accorder tous les verbes à la perfection, mais de savoir s’exprimer dans un vocabulaire utile à la vie de tous les jours », précise le directeur de la CCIJ. SI cette immersion des apprentis vise notamment à sensibiliser au plurilinguisme, ce dernier n’est « pas en danger » selon la déléguée fédérale. Mais dans un pays où 66% de la population travaille en suisse-allemand, Nicoletta Mariolini rappelle néanmoins que l’effort collectif reste toujours à l’ordre du jour. /jpi

Nicoletta Mariolini : « Un fonctionnaire doit intégrer la réalité de toute la Suisse »


 

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